Grande-Bretagne

Un ado autiste et gai se suicide à cause du harcèlement qu’il subit

Étienne Dutil
Commentaires

Cameron Warwick, un adolescent de 16 ans, s’est suicidé suite à un harcèlement quotidien qu’il subissait à l’école. Le jeune homme, gai et autiste, souffrait de dépression depuis ses 12 ans. Ses parents rendent hommage à un «garçon doux et gentil» que «ses maladies ont empêché vivre».

Depuis ses 12 ans, Cameron Warwick avait fait son coming-out auprès de sa famille et ses camarades à l’école. Les autres élèves ont alors commencé à le harceler, en l’insultant et en lui jetant même des choses dessus durant les pauses de midi. Souffrant de dépression, le jeune homme avait alors commencé à se mutiler. « Lorsqu’il ne se sentait pas bien, Cameron n’avait aucun souci à en parler », raconte Bill Ashcroft, l’un de ses amis.

Cameron a fini par mettre fin à ses jours et son corps a été retrouvé dans une forêt de Fareham, dans le sud-est du Hampshire, en septembre 2019. Les enquêteurs estiment qu’outre le harcèlement qu’il avait subi, la rupture d’une relation virtuelle et des mauvais résultats scolaires auraient causé la mort de l’adolescent. «Pour les harceleurs, le fait que Cameron soit gai était du pain béni. Ils l’ont isolé et n’ont pas hésité à lui mener la vie dure», explique l’enquêteur Jason Pegg.

Pourtant, Cameron était un artiste dans l’âme et un amoureux des animaux et de la nature. En 2017 déjà, il avait tenté d’en finir avec la vie. Ses parents ont tenu à évoquer leur fils, insistant sur sa différence : «Cameron était un jeune homme très aimé, doux et gentil. Ses maladies ne lui ont pas permis de continuer à vivre dans un monde qu’il ne comprenait pas et qui ne faisait que peu d’efforts pour le comprendre ».

 La famille a également tenu à adresser un message afin que ce type de drames n’arrive plus : «Il nous manque de tout cœur, et nous exhortons les autres à faire preuve de compassion envers les vulnérabilités des autres, ou à partager les leurs et à demander de l’aide pour éviter d’autres tragédies de ce type».

Du côté de l’établissement scolaire, on se refuse à tout commentaire, mais le directeur a tout de même tenu à réaffirmer sa volonté de respecter «une politique zéro tolérance au niveau du harcèlement, en prenant des dispositions adéquates lorsque c’est nécessaire». «Nous tenons à enseigner à nos étudiants la compréhension et la bienveillance envers les autres, avec notre cursus », a conclu le directeur de l’Académie de Fareham.