Italie

Coronavirus et loi contre l’homophobie pour créer la confusion

Étienne Dutil
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Dans les rues d’Italie, des pubs mensongères créent la confusion entre coronavirus, incitation à la haine et liberté d’expression avec l’objectif de mobiliser l’opinion publique contre un projet de la criminalisation des discours de haine anti-LGBT.

Le 30 mars, la Chambre des députés italienne entamera l’examen d’une très attendue loi contre l’homophobie et la transphobie. Le texte du député du Parti démocrate Alessandro Zan prévoit la criminalisation de l’incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence contre les personnes LGBT. 

Cette loi, si elle est adoptée, étendrait le périmètre de l’article 604bis du Code pénal, un complément à la fameuse loi Mancino qui punit le racisme et la xénophobie… et que rêve de faire disparaître une extrême droite italienne qui a, plus que jamais, le vent en poupe. 

Depuis quelques jours, l’opposition à ce texte s’affiche en grand format dans les rues de Rome, à l’initiative du lobby ultraconservateur Pro Vita e Famiglia. Ce dernier ne fait pas dans la demi-mesure. «Sais-tu que tu risques une condamnation pour homotransphobie si tu crois que l’on naît homme ou femme et que tu l’enseignes à tes enfants?», peut-on y notamment lire en surimpression de personnages bâillonnés ou de couples menottés. D’autres messages issus de la même campagne font en outre allusion à la crise du coronavirus et au «chaos économique» pour fustiger la «priorité accordée par notre majorité [une coalition du centre gauche et du Mouvement 5 étoiles] à une loi liberticide».

Les partisans de la «loi Zan», à commencer par les associations LGBT, sont estomaqués par autant de désinformation et de récupération politique. «Les exemples que brandissent [Pro Vita e Famiglia] ne conduiraient à aucun crime», rappelle le site gay.it «La loi ne punirait pas «vos idées», mais les appels à la haine. Évidemment Pro Vita e Famiglia a peur, parce qu’ils devront cesser de nous insulter publiquement, de nous diffamer et de répandre des mensonges au quotidien, obsédés qu’ils sont par notre communauté.»

Source : L'AFP