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À croire que j’aime les failles

Benoit Migneault
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À croire que  j’aime les failles
Photo prise par © À croire que j’aime les failles
À croire que j’aime les faillesLa notion du « queer », être à l’écart ou différer de la norme, est abordé de plein fouet dans ce triptyque de Sylvie Bérard composé de : Tirs d’ailes, Du sable dans la tête et Les failles festives.  Critique et apologie de la transgression, qu’elle soit sociale, sexuelle ou grammaticale, la notion de faille ou de sa perception y est ainsi à l’honneur : « Des lois usées / Reliées en grand volume / Tapageur / M’ont raturée vite fait / Des histoires de grammaire […] / Me nommaient pour m’imposer ». Paradoxalement, la clé de lecture du volume se trouve à la toute fin de ce dernier dans un texte, au titre éponyme à celui du recueil, où l’auteure relate sa découverte du terme « queer », sa reconnaissance de même que son appropriation d’icelui.  Cette notion de « défaillance » se trouve ainsi élevée, au fil des pages, au cœur d’un affrontement à finir entre déficience, force et opportunité. « Je suis des détroits entre les continents rebelles / D’ailleurs, d’autre part / Je suis loin des aires de vaches maigres /
Je danse sur les ponts entre les jachères ». 
 
À croire que j’aime les failles / Sylive Bérard. Sudbury : Prise de parole, 2020. 113p. (Poésie)