Covid-19

Amour et amitié au temps de la Covid-19

Denis-Daniel Boullé
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Nous sommes de plus en plus nombreux à être confinés chez nous. Et nous sommes confrontés à cette fameuse distanciation sociale, au point où pour sortir je pense à me munir d’un mètre ruban pour être toujours sûr de garder la distance sécuritaire avec toute personne qui s’approcherait de moi. Plus sérieusement, nos habitudes de vie, et de sexe peuvent en prendre un coup. Comme le rappelait le héros de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, il faudrait même reporter nos « échanges biologiques ». Qu’en termes pudiques et scientifiques, ces choses-là sont dites. 

La distance sociale ne doit pas fragiliser le lien social 

Mais les échanges biologiques, ce sont aussi les rencontres avec les ami.es, que l’on embrasse, dont on touche les mains, les bras, et les lieux de socialisation, bars et cafés, si importants pour une partie des gais, sont aujourd’hui fermés. Le confinement relève d’un emprisonnement affectif et social et certains ne sont pas habitués à cette solitude, solitude imposée, et qu’il faut apprivoiser. Un exercice qui peut s’avérer difficile au point de faire naître des signes de détresse psychologique. Les réseaux sociaux, le téléphone, peuvent contribuer à réduire ses signes. Tout comme nous devons penser à ceux que l’on sait plus fragile et à qui il serait bon de prendre des nouvelles en passant quelques minutes par les différents moyens de communication dont nous disposons. Cela fait partie des mesures d’éviter des conséquences collatérales et préoccupantes de la pandémie. 

Et puis bien sûr, ne pas hésiter à avoir recours au service en ligne comme Interligne. 

Horacio évoquant les échanges biologiques pensaient aux relations sexuelles. Bien sûr, pour les couples, il sera bien difficile de résister à la tentation pendant on ne sait encore quelques semaines. À eux de prendre les décisions avec lesquelles ils se sentiront le plus à l’aise, de même pour ceux qui ont un ou des partenaires sexuels habituels. 

Pour les célibataires, ne plus se rendre dans les lieux où habituellement ils avaient l’habitude d’échanges biologiques dans des lieux tels que les saunas, les partys privés, ou encore qui trouvaient des partenaires sur des sites de rencontre en ligne, la situation se complique pour en même temps respecter les consignes sanitaires des autorités et leurs besoins physiologiques. Un casse-tête ou plutôt un gâte-sexe. 

Confinement n’est pas synonyme d’abstinence 

Malheureusement, il n’existe aucun préservatif pour la bouche et pour le nez pour fermer la porte à la Covid-19, et je ne suis pas sûr qu’on ait forcément envie de s’envoyer en l’air avec un masque chirurgical sur le visage, excepté peut-être pour certains fétichistes ou encore d’avoir une quelconque intimité corporelle en maintenant un deuxmètre de distance avec son ou ses partenaires. 

Le bon vieux retour au plaisir solitaire demeure une solution, une façon de se retrouver soi-même. Si certains n’ont jamais abandonné cette pratique initiée à l’adolescence, d’autres y sont totalement réfractaires. Même les yeux rivés sur une vidéo porno et une main sur leur sexe, ils ne peuvent atteindre un septième ciel solo. Pourtant faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime devrait être une règle de base. 

Pour les adeptes de l’onanisme, il semblerait qu’il y ait une augmentation de ventes de sextoys selon le quotidien français Le Parisien. Comme quoi, faire des réserves à parfois du bon. Et bien entendu, respecter les mêmes règles d’hygiène qu’avant la Covid-19 dans le nettoyage de ses « consolateurs », pour éviter la transmission d’autres pathogènes. 

Pas question comme dans le bon vieux temps, de retourner dans les parcs, les ruelles ou les toilettes publiques, puisque la question de la distance sociale imposerait seulement l’exhibitionnisme doublé de voyeurisme pour satisfaire les exigences de la libido.

Vous avez dit Sexcam ?

Reste les applications de rencontre. Bien évidemment, vous pouvez calculer la distance à laquelle se situe l’élu du moment et s’assurer qu’il ne vous colle pas à moins de 2 mètres. Mais une fois le contact fait, les conditions remplies, impossible d’aller chez vous ou chez lui. Il faut se contenter que de sexe virtuel, le sexcam, peut-être plus intéressant sur grand écran chez soi que sur l’écran du téléphone. Bien entendu en usant de prudence pour ne pas que vous exploits sexuels se retrouvent en ligne sur tous les réseaux sociaux.  

En somme, nous devons de nouveau revoir nos pratiques sexuelles et nos habitudes de rencontre pour ne pas se mettre en danger et mettre l’autre ou les autres en danger. Peut-être aussi, réfléchir à sa sexualité et à ses pratiques pendant ces temps de confinement, le tout dans sa chambre, en maniant les haltères, travaillant ses abdos, forçant sur les muscles fessiers, puisque les salles de gym sont, elles aussi, fermées jusqu’à nouvel ordre. 

Après tout la Covid-19 passera comme toute grande pandémie, et une fois sa disparition constatée par les autorités, le sexe n’en sera que meilleur… 

En attendant bonnes branlettes, seul, ou virtuelles à deux ou en groupe.