Télé et web

Séries télé au féminin…

Chantal Cyr
Commentaires

On peut le dire sans rougir, les séries abordant des thématiques LGBTQ ont désormais le vent en poupe et il n’est plus vraiment rare que des acteurs/actrices de cinéma jouent dans des séries à succès. Dans cet article, j’ai limité la sélection aux séries lesbiennes que j’ai visionné et qui m’ont beaucoup ou assez plu pour différentes raisons… J’ai gardé les emblématiques The L Word et Féminin Féminin pour un prochain article à venir…

 Alors voici sans ordre précis que le hasard…

 

The Good Place 

Eleanor meurt. Eleanor se réveille au paradis. Eleanor réalise qu’elle ne devrait pas être là. C’est le pitch de la première saison de The Good Place. On ne dévoilera rien de l’intrigue qui suit, mais la comédie est un petit bijou qui mérite d’être regardé immédiatement. La série réussit à nous faire rire aux larmes tout en étant inclusive et, oui, philosophique. Oh et Eleanor, incarnée par Kristen Bell, est bisexuelle. Quoi, vous n’est pas devant la télé? Que faites-vous encore ici ?

 

Vida

La série Vida se passe dans le quartier de Boyle Heights à Los Angeles. C'est l'histoire de deux soeurs, Emma, la fastidieuse (Michel Prada), qui est lesbienne, et Lyn (Melissa Barrera), libre d'esprit et égocentrique, qui retournent chez leur mère, après sa mort, la pleurer et gérer ses affaires.  Elles découvrent que Vida avait une vie secrète. Deux des acteurs sont LGBTQ, et la série est composée en grande majorité de personnes de couleur, de personnes queers et de femmes.

 

Black Lightning

Le monde des super-héros CW a la réputation d’être un grand partisan des LGBTQ, mais cet univers s’est vraiment surpassé avec Black Lightning, avec une famille de super-héros de couleur qui combattent le racisme et d’autres problèmes sociaux le jour et les méchants la nuit. Alors que Black Lightning (Cress Williams) est le patriarche, sa fille Anissa (Nafessa Williams) a vraiment fait pencher la balance pour les téléspectateurs lorsqu'elle est devenue la première super-héroïne lesbienne noire de la télé.

 

One Day at a Time

Diffusée sur Netflix, la série reprend la sitcom des années 70 qui racontait l'histoire d'une mère divorcée qui élève ses enfants adolescents. Netflix  lui donne un nouvel élan en réinventant le lieu avec une famille Latinos. Justina Machado ( Six Feet Under ) interprète le rôle de Penelope, la mère célibataire qui élève son fils Alex (Marcel Ruiz) et sa fille Elena (Isabella Gomez), qui est lesbienne dès la première saison. Avec une pointe d'humour et beaucoup de sensibilité, la 2e saison de concentrait sur une Elena qui venait de faire son coming out et s'engageait dans la politique en rejoignant des manifestations où elle se battait pour les droits des LGBTQ dans son école. La série aborde également le sujet de l'intersexualité et de la diversité concernant sexe chez les adolescents, donnant finalement à Elena une petite amie non binaire, Syd.

 

The Handmaid's Tale

La série saluée par la critique, basée sur le roman dystopique de Margaret Atwood, The Handmaid's Tale, a réussi à renforcer la terreur lors de sa deuxième saison. La série mettant en vedette Elisabeth Moss dans June, une femme qui tente de survivre dans un avenir proche dans lequel les femmes ne sont appréciées que pour la viabilité de leurs organes reproducteurs. La série a raconté des histoires poignantes sur des femmes queer en présentant Moira (Samira Wiley) et Emilie (Alexis Bledel).

 

Killing Eve

L'histoire de Killing Eve parvient à insuffler une abondance de bons mots dans ce récit d'espionnage-thriller. Sandra Oh obtient enfin un rôle digne de son immense talent en tant qu'Eve Polastri, une enquêtrice sardonique du MI6 qui découvre l’existence d’une tueuse qui fait des ravages dans le monde entier. Jodie Comer interprète Villanelle, la magnifique polyglotte bisexuelle, une tueuse obsédée par Eve.

 

The Bold Type 

Non, The Bold Type ne réinvente pas la roue. La série, qui raconte le quotidien de trois jeunes femmes employées par un magazine féminin, sorte de ELLE fictif, n’est pas très réaliste lorsqu’elle parle de journalisme. Pas plus lorsqu’elle nous montre des millennialsvivant dans des trois pièces à Brooklyn superbement décorés sans être richissimes. Mais on aime l’œuvre pour son optimisme, la façon dont elle met en scène des belles amitiés entre femmes et surtout le couple lesbien formé de Kat (Aisha Dee) et d’Adeena (Nikohl Boosheri). Sucré et intelligent en même temps.

 

Greys Anatomy

Non seulement la série a été l'une des premières à mettre en scène un mariage entre deux femmes (Callie et Arizona) mais aussi à offrir à un couple homo le même traitement scénaristique qu'à un couple hétéro : à savoir, beaucoup de drames et une relation passionnelle mais tumultueuse.

 

Orange is the new black

Les histoires entremêlées des détenues d'une prison pour femmes entre petite galères de la vie carcérale et flashbacks. La série compte de nombreux personnages LGBT (de la butch tatouée à la lipstick manucurée) sans oublier la sublime Sophia Burset qui se bat pour obtenir son traitement hormonal en prison.

 

South of Nowhere

Bien qu’il s'agit d'une série pour ados avec tout ce que cela comporte de bons sentiments et de clichés bien guimauves mais elle met au centre de l'intrigue la relation amoureuse entre deux jeunes filles et propose une vision un peu moins caricaturale de l'homosexualité qu'à l'accoutumé (ce qui est à peu près l'unique intérêt de la série, il est vrai).

 

FAKING IT

Deux amies (Amy et Karma) décident à la suite d'un quiproquo de se faire passer pour un couple de lesbiennes et deviennent ainsi les filles les plus populaires de leur lycée. Si le synopsis prête un peu à rire de prime abord, cette série MTV se révèle plus profonde/drôle qu'il n'y parait et compte parmi ses protagonistes principaux un homme gai et un personnage intersexe.

 

THE FOSTERS

On y est ! Depuis 2013, The Fosters est la première série mettant en avant une famille homoparentale (de femmes) et mixte avec enfants. C’est donc une ouverture à la diversité des familles, en termes de race(s), de genre(s) et d’orientation(s) sexuelle(s). De plus, étant diffusée sur ABC Family, le ton ne monte jamais trop haut et les scènes d’amour restent très « soft ». Sans doute parce que cette série parle des enfants de ces familles et qu’il est aussi important qu’ils/ elles puissent les visionner avec leurs parents. Un seul bémol, la surenchère un poil caricatural de cette famille qui tend presque à devenir famille d’accueil à part entière…Cette série est encore une fois anglo-saxonne, disons-le tout de go – américaine – ce qui devrait pousser les producteurs/trices d’autres contrées à être un peu moins frileux/euses !

 

Évidemment

UNITE 9

Bien qu’Orange is the New Black est par ailleurs très réussie, on y fait parfois quelques surenchères, quitte à jouer avec les frontières du réel. Dans Unité 9, le ton est plutôt réaliste. Cette série mérite qu’on s’y consacre car elle traite des interactions au sein d’une prison pour femmes, sans négliger les autres personnages de la vie pénitentiaire. Le bonus, c’est d’avoir une série Made In Quebec ! La prison de Lietteville a fermée ses portes en mars 2019, à la fin de la diffusion de la septième saison. On garde en tête, entre autres de cette très bonne série de l’auteure Danielle Trottier, la liaison passionnée entre l’IPL Mélissa Caron et la détenue Jeanne Biron. Une liaison qui aura généré son lot de scènes torrides, et qui aura eu raison de l’avenir professionnel de Caron dans le milieu carcéral. Parmi les moments qui auront fait rougir bien des téléspectatrices (mais pas que), mentionnons la partie de jambe en l’air torride dans la douche… qui a fait le tour des réseaux LGBT à travers le monde.