Crise sanitaire de la Covid-19

Se relever après la chute

Edward Sanger
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Au moment d’écrire ma première chronique pour Fugues, nous sommes à la troisième semaine du confinement. Trois semaines où la vie a changé. Pris par surprise, nous avons subi des défaites personnelles et fait le deuil de plusieurs événements dans notre quotidien, comme ces jeunes étudiants qui n’auront pas leur cérémonie de remise des diplômes et le bal des finissants tant attendue pour officialiser la fin d’un programme, en plus de retarder les projets d’avenir professionnel.

La descente

Au départ, nous pensions que cela allait être court, que le domaine de la science et de la santé allait nous trouver un remède miracle pour que nous puissions passer au travers comme du beurre dans la poêle. 

Les jours passent et des nouvelles mesures sont prises en compte pour la sécurité de tous. La fermeture des commerces non essentiels a mis les trois quarts du Québec sur le banc de touche. Avec en plus des bouches à nourrir et le loyer à payer, pour certains les temps vont être difficiles.

Malheureusement, nous avons perdu des êtres chers et des gens actifs dans la communauté LGBTQ2+. Des victimes de trop et dont on pleure le départ. Dire adieu à un être dans ces temps-ci est cruel surtout que lorsque nous ne pouvons pas les accompagner dans leur dernier souffle. Bien que nous pensions à la sécurité de chacun, nous nous culpabilisons en croyant abandonner ceux qui sont sur le point de nous quitter.

Depuis le début de mon éditorial, je peux paraître triste, négatif et peut-être égoïste de remettre sur le tas les mauvaises nouvelles. Mais nous devons être fort pour tous et chacun. 

Le côté positif

Certes, nous allons devoir attendre encore. Oui, les événements du printemps ne verront pas le jour. Et peut-être même aussi ceux de l’été comme le Festival International de Jazz de Montréal et peut-être la parade de la Fierté. Nous ne pouvons pas nous voiler la face en disant que tout ira bien du jour au lendemain et que nous retrouverons notre vie d’avant. 

En revanche, nous ne pouvons pas nous permettre d’afficher une mine triste sur notre visage en permanence. Malgré tout, depuis la première semaine, des personnes font tout pour nous décrocher un sourire. Je pense, par exemple, à la communauté Drag pour la diversité de leur show virtuel. 

Des personnes usant de leur créativité sur les réseaux sociaux pour nous faire rire. Comme l’humoriste français Alex Ramires avec ses photos sur des imitations de personnalités publiques et cinématographique sur son compte Instagram. Ou encore, l’artiste Uma Gahd faisant comme Barbada de Barbades en lisant des contes pour enfants.

Pour les personnes étant seule, je ne peux pas imaginer comment doit être votre état mental au jour le jour. 

Je vis avec mes colocataires, donc je ne peux pas me mettre à votre place. Par contre, je sais, que c’est dur d’être loin des personnes qui nous sont chères. De ne pas pouvoir leur faire une accolade et de se promener côte à côte en discutant de tout et de rien, sans distance sécuritaire. 

Mais le fait d’entendre leur voix au téléphone et de savoir qu’ils sont en sécurité et en forme peut déjà réconforter plus d’un. Discuter pendant des heures ne va pas remplacer le contact humain, mais c’est mieux qu’être dans l’inquiétude. 

Au pire, c’est l’occasion rêvée de pouvoir planifier des activités ou des projets pour que vous les commencez ensemble quand la crise sera finie.

La renaissance

Oui, nous avons perdu et mis aux oubliettes nos projets planifiés d’avance. 

Mais imaginer comment, après la première semaine, le cours normal que notre vie reprendra? 

Plusieurs scénarios s’offrent à nous. 

Une première semaine à être craintifs et en limitant nos actions, de peur que le virus ne soit pas complètement disparu. Des restaurants et des bars qui afficheront complet les premiers soirs pour fêter et s’enivrer d’alcool. Ou encore des gens organisant des événements pour célébrer et rattraper le temps perdu.

Mais avant, quand tout cela va se terminer, nous devons apprendre à nous relever. Comme un boxeur encaissant un direct du droit sur la mâchoire, nous nous redresserons pour encaisser les pertes. Je pense surtout aux entreprises, aux restaurants et aux bars qui auront de la difficulté à se remettre sur les rails après des mois d’inactivités forcées.

Mais c’est main dans la main et en aidant les autres pour nous pouvons reconstruire ensemble. 

Seul, on n’arrivera jamais à remettre de la couleur pour tous. Mais c’est avec l’entraide, le positivisme et le sourire qu’on se relèvera de cette crise et qu’on lèvera notre verre à tous pour un été radieux.

Et pour célébrer des retrouvailles.

En attendant, profitez de ce temps pour des nouveaux projets. Comme terminer ou rattraper des séries qu’on se promettait de finir, de découvrir des nouveaux talents dont on ne pensait pas en être doté et élargir nos connaissances dans divers domaines tels que la littérature ou les langues étrangères. 

Et après, cela sera un plaisir à tous de se retrouver quand ce cauchemar prendra fin.

 

Crédit photos : Edward Sanger