Crise sanitaire

Les technologies de tracking anti-Covid ravivent les craintes d’outing au Japon

Sébastien Thibert
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Le Japon qui était au départ moins restrictif que ses voisins chinois, taïwanais et sud-coréens pour combattre le coronavirus a renforcé ses mesures de traçage. De nombreux japonais issus des communautés LGBTQ+ redoutent de voir leur vie privée exposée par les technologies mises en place afin de lutter contre la propagation du coronavirus. 

Les gouverneurs de chacune des 47 préfectures du pays ont maintenant le droit d’interroger des patients et remonter l’historique de leurs contacts et des lieux qu’ils ont visités via leur appareils cellulaires qu’il devront garder sur eux lorsqu’ils se déplacent hors de la maison. Les autorités sanitaires nippones ont le droit de mener des enquêtes précises sur les faits et gestes de leurs administrés et de poser des questions comme Dans quels lieux avez-vous été, et avec qui ?

Kyodo News rapporte qu’un jeune homme gai de la province de Fukuoka vivant avec son partenaire craint d’être outé s’il contractait le coronavirus. Il serait alors potentiellement susceptible de devoir faire état au centre de santé publique de ses contacts quotidiens et rapprochés avec son compagnon. Dans un pays où la culture du travail est particulièrement coercitive, sa crainte est sans doute justifiée. 

L’enquête révèle aussi des craintes quant à l’accès à l’information pour les partenaires de même sexe en cas d’hospitalisation. «Il se peut qu’on ne me prévienne pas des conditions de santé de mon partenaire en cas de décision thérapeutique importante», souligne un habitant de Saitama âgé de 28 ans, dont l’union est pourtant reconnue par sa mairie comme équivalente au mariage légal.