Daniel Berger, courtier immobilier

«Dorénavant, dans notre domaine, il va y avoir de plus en plus de visites, de rencontres, de présentations virtuelles»

André-Constantin Passiour
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Évidemment, comme pour bien des secteurs, la crise de ce nouveau coronavirus a chamboulé l’industrie de l’immobilier. Fini, du moins pour un certain temps, les visites avec les clients potentiels dans une résidence. Il a donc fallu être imaginatif. On a donc interrogé un courtier immobilier d’expérience en la personne de Daniel Berger pour nous dire comment cela se passe maintenant dans son domaine.

«L’immobilier vient de se mettre à jour, dit Daniel Berger, courtier immobilier KW Urbain. Déjà, il y plusieurs années, avec la crise économique, elle avait évolué. Mais disons que, depuis une dizaine d’années, les choses ne bougeaient pas réellement. Par contre, cela fait déjà plusieurs années que je ne travaille presque plus avec du papier. Mon équipe et moi, on s’était déjà engagé dans l’électronique. Comme je travaillais déjà avec la technologie auparavant, cela m’a juste poussé à aller plus loin et à l’exploiter encore plus à notre avantage.» 

Donc, fini les rendez-vous en personne pour Daniel Berger et son équipe. On se met au défi de créer tout un monde virtuel pour que le client puisse voir les lieux de la manière la plus fidèle que possible. On utilise les outils à disposition: les vidéo-conférences par Zoom, la vidéo de Messenger sur Facebook, les appels-conférences, etc.

«Le plus gros challenge a été de se battre pour réaliser bien les choses, pour engager le bon photographe, pour avoir le bon technicien qui va faire un beau montage réaliste. Il ne faut pas se le cacher, cela représente des coûts additionnels. Il faut aussi que le tout soit de qualité. Mais je dirais que ça n’a pas été si difficile que ça une telle transformation», poursuit Daniel Berger.

Mais alors, comment fait-on à présent si on désire voir une propriété? C’est simple: on réalise une vidéo de la résidence à louer ou à acheter; on fait des plans en trois dimensions, et cela représente donc le plus réalistement possible le domicile. 

«Au lieu de faire six à huit visites par jour, on en fait deux. Même après la crise, je crois que certains courtiers vont préférer continuer, du moins on verra, avec ce type de technologie. On élimine ainsi 80% des visites inutiles de gens qui n’étaient pas vraiment sérieux. Il ne restera ainsi que ceux qui sont réellement intéressés», souligne-t-il.

«De mon côté, je ne vois que du positif et cela représente un très beau défi, estime Daniel Berger. Au-lendemain de la crise, certains courtiers, oui, vont vouloir continuer ainsi. Et je crois aussi qu’il y aura peut-être encore certaines craintes ou appréhensions de la part de certains clients à visiter un condo, un appartement, une maison, etc.: vont-ils peut-être risquer ou non de s’infecter? Il y aura encore des interrogations autant chez les clients que chez les courtiers. D’autant plus que, de manière pratique, cela évitera de désinfecter toute une maison après une visite et en préparation de la prochaine. C’est beaucoup de travail, ça.»

La technologie est donc là pour rester!? «Oui, certainement, affirme Daniel Berger. La routine d’un courtier immobilier sera complètement changée, mais ce sont là de nouvelles opportunités. Imaginez-vous, le client pourra, grâce à ces outils technologiques, visiter une maison de chez lui, qu’il soit en Chine ou ailleurs. C’est donc très intéressant et ce n’était pas possible auparavant. Donc, personne n’a besoin de se déplacer. Je n’y vois que du bien!»

Daniel Berger, Courtier immobilier, KW Urbain

Cel.: 438-700-3031 ou Bur.: 514-700-0015 ou sur le site www.danielberger.ca                

 

 

 

Les réponses de Daniel Berger à notre questionnaire en confinement

 

Comment la crise de la COVID-19 t’a-t-elle affecté personnellement ?

Ça été du jour au lendemain de ne plus être en personne avec mes clients. J’avoue que ça été très difficile, moi qui suis très «social», il me manquait réellement une grosse partie de mon quotidien. Toutefois avec tous les outils informatiques qui existent, ça n’a pas été long que je me suis tourné vers eux, comme par exemple des RDV virtuels.

Présentement dans l’espace où tu vis, est-tu seul, avec ton conjoint, de la famille, un coloc, des animaux?

Je suis seul avec mon «p’tit homme» qui est mon chien, vraiment une belle présence dans le condo. Et comme j’ai 3 unités de condos et que deux d’entre elles ne sont pas louées présentement à cause de la Covid-19, alors j’utilise un condo pour m’entraîner, un comme bureau et l’autre est où j’habite. Depuis que je fais ça, ça complètement changé mon mindset

J’entre en mode travail ou entraînement lorsque je vais dans ces condos.

 

À quoi ressemblent tes journées ces temps-ci?

Ironiquement, je travaille beaucoup plus depuis le début de la pandémie. La première raison est que mon équipe de courtiers immobiliers et moi avons pris la décision d’entrer en communication avec nos clients actuels et passés afin de nous assurer que tous vont bien et voir si nous pouvions faire quelque chose pour les aider durant ce moment difficile. Et, en deuxième lieu, j’en ai profité pour complètement restructurer mon business, pour justement l’amener dans la nouvelle-ère du travail. Dorénavant, dans notre domaine, il va y avoir beaucoup de plus de visites, de rencontres, de présentations en mode virtuel.

Durant cette période, nous avons beaucoup de temps pour soi… Comment fais-tu pour que le confinement se passe mieux? Que fais-tu pour maintenir un contact avec l’extérieur ou maintenir une solidarité?

Les deux premières semaines furent extrêmement stressantes. J’ai une équipe de 6 personnes et j’ai une responsabilité envers eux pour qu’il y ait  toujours du travail. De plus, j’ai plusieurs propriétés que je loue entièrement meublées, un secteur qui s’est écroulé du jour au lendemain, mais les frais fixes demeurent. Cela dit, j’ai rapidement changé notre façon de travailler et l’équipe va bien présentement.

À la maison, que portes-tu habituellement?

Depuis le jour 1, je me suis obligé de m’habiller comme si j’allais rencontrer des clients. Je mets même mon parfum. C’est important que mon cerveau sache que je viens de finir mon entraînement et que là je suis en «mode travail».

As-tu des recommandations ou des suggestions pour rendre cette «pause» plus facile à passer?

Il y a une expression en anglais qui dit «The more you learn, the more you earn» par le célèbre Warren Buffet. J’ai vite arrêté de regarder les nouvelles déprimantes et je me suis mis à apprendre. Il y a tellement de sites pour nous aider à mieux se développer, que mon «beau problème» en ce moment est que je manque de temps pour tout voir ce que je veux apprendre.

Qu’est-ce qui te manques le plus, ces temps-ci?

D’être en contact avec les gens en personne. Aller voir ma mère qui est au fond de son garage et moi à l’entrée de celui-ci, c’est vraiment bizarre!

Que fais-tu pour maintenir un contact avec l’extérieur ou maintenir une solidarité?

Dans un sens, la distance nous a rapproché. Je parle avec ma famille et amis beaucoup plus qu’avant.?C’est rendu «normal» de prendre 5 minutes pour appeler quelqu’un ou de faire un vidéo Messenger pour prendre de leurs nouvelles.

Que penses-tu retirer de l’expérience que l’on vit présentement?

Avons-nous vraiment besoin de tout ce que nous avons? Avons-nous vraiment besoin d’en faire autant? J’ai réalisé que le bonheur est souvent plus simple qu’on le croit.

Crois-tu que ta vie (ou celle des autres) sera transformée par la suite au niveau de nos interactions sociales? Si oui, de quelle(s) manière(s)?

À court terme, j’en suis convaincu. Mais à long terme, pas nécessairement, l’être humain a tendance à oublier très rapidement.

Des inquiétudes pour l’avenir?

Tant que je peux refaire mes croisières, la vie sera belle… rires

Un message d’espoir que tu veux lancer?

Je suis reconnaissant de vivre dans une société qui nous permet de passer à travers ce moment unique le plus smooth possible. Je me lève tous les matins en remerciant d’être en vie et en santé. Ça, il ne faut pas l’oublier après cette pandémie.