Porte-voix

Ne gâchons pas notre chance

Edward Sanger
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Depuis le point de presse du premier ministre et du directeur national de la santé publique, Dr. Horacio Arruda, qui porte sur la réouverture des commerces de détails et de la réouverture des écoles primaires, un retour à la vie normal semble être bientôt de retour parmi nous. Mais, est-ce que ce n’est pas un scénario à double tranchant?

Plusieurs dates ont été annoncées pour un retour progressif. 

Les enfants reviendront sur les bancs des écoles primaires et les garderies le 11 mai dans l’ensemble des régions et le 18 mai prochain sur le territoire de Montréal. Pour les commerces de détails et le secteur de la construction, un début de retour à la vie normale va se faire le 4 mai pour l’extérieur du Grand Montréal et deux semaines plus tard pour la région de Montréal.

Après presque deux mois de confinement et des règles strictes pour notre sécurité, ces annonces nous redonnent un nouvel espoir. Sous la forme d’un scénario qui se concrétise graduellement, cela donne le sourire pour la plupart des gens et pour d’autres des craintes supplémentaires.

Les deux côtés de la médaille

Les dates annoncées par le gouvernement donnent toute une gamme d’émotions.

Dans le cas des écoles, c’est une bonne nouvelle pour les parents qui travaillent au front. Des parents qui sont médecins, des parents qui sont dans les épiceries ou encore des parents qui aident les personnes âgées dans les résidences de retraite. C’est un moment de répit pour eux et pour leurs enfants qui doivent rattraper leur retard scolaire depuis le début du la crise. 

Pour d’autres, c’est une erreur majeure et un risque énorme de propagation du virus. Car la distance obligatoire sera plus dure à gérer et le personnel enseignant est réticent à revenir au travail. Malgré que ce n’est pas obligatoire de faire revenir les enfants en classe, n’y a-t-il pas moyen de faire comme les écoles des autres niveaux et faire une équivalence de notes au lieu de risquer la santé des plus jeunes?

Pour les commerces de détails et le secteur de la construction, c’est un nouveau souffle. L’économie du Québec a été gelée depuis presque deux mois. Plusieurs personnes ont perdu leur emploi temporairement et des entreprises ont fermé leurs portes définitivement. Je pense en particulier à la librairie Olivieri qui a mis la clé sous la porte après 35 ans d’existence.

C’est un soulagement pour les travailleurs qui ont besoin d’un équilibre. La crainte de ne pas retrouver leur poste, tel une épée de Damoclès, faisait pression sur eux, car malgré les mesures d’aides d’urgence temporaires, c’est des familles qui craignaient de ne pas retrouver un emploi stable, de pouvoir payer leur loyer et de nourrir leurs enfants.

Des mesures de sécurité supplémentaires seront appliquées pour redémarrer l’économie québécoise. 

Malheureusement, ces mesures de déconfinement ne s’adressent pas à ceux qui œuvrent dans l’industrie des  soins corporels, comme les coiffeurs, mais aussi ceux qui travaillent dans les bars et les centres commerciaux. 

Même les secteurs de la culture et du tourisme n’y échappent pas. D’ailleurs, la liste des activités culturels annulées continue de s’allonger, la dernière victime est le Festival de chasse de La Tuque.

Maturité

Tout le monde est excité de pouvoir reprendre des activités normales et de regagner son emploi. Mais, sommes-nous assez matures pour saisir notre chance?

Nous voyons déjà des personnes qui reçoivent des amendes pour des rassemblements illégaux ou pour simplement ne pas respecter la santé des autres en violant les règles de distanciations.

Nous avons une chance de sortir de ce cauchemar. 

En revanche, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle vague de Covid-19. Nous devons apprendre à revivre avec la maladie à nos côtés, mais il ne faut pas forcer les choses et aggraver notre situation. Ce n’est pas le moment de profiter de cette nouvelle pour assouvir notre soif de sexualité après un long répit.

Pour éviter un deuxième confinement, comme c’est le cas en Chine, nous devons tous faire un effort collectif pour freiner l’épidémie et diminuer le plus possible le cas de contamination.

Cela donnera un répit au personnel médical et nous pourrons attendre un vaccin dans un meilleur état d’esprit. 

Dans le cas contraire, nous aurons perdu notre chance de liberté par notre faute et par notre manque de logique. 

Sur ces mots, nous sommes capables de nous en sortir.