OÙ SONT LES LESBIENNES?

Corona : à votre santé!

Julie Vaillancourt
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Voilà que les premiers rayons de soleil annonçant le printemps percent la fin de l’hiver québécois. Sur les trottoirs, les Québécois sont tout de même nombreux à marcher, faire du jogging, du vélo, ou promener leur chien. Tout ça, bien sûr, à deux mètres de distance les uns des autres… Au moment d’écrire cette chronique, le port du masque n’est pas généralisé ou obligatoire. Le fait est que les heures à demeurer confiné à la maison sont longues, pour bon nombre d’entre nous. Entre deux bières Corona, et la quotidienne adresse de Legault à la nation, je trinque : à votre santé!

Sans aucune ironie, aucune, la situation est pour le moins sans précédent. Quand faire l’épicerie devient la sortie de la semaine et préparer le souper l’activité quotidienne, on sait qu’on est rendu dans un monde quasi préapocalyptique. Ou, un monde qui nous ramène à l’essentiel. Je m’explique. Pour ma part, il y a quelques semaines, tout allait trop vite. Voiture. Boulot et (mauvais) dodo. Je courrais littéralement après mon temps (j’aurais plutôt écrit mon souffle, mais bon… Ça pourrait soulever les soupçons: non, je ne suis pas positive!) 

Là, malgré le télétravail (c’est là un des grands apprentissages des journalistes pigistes et des chargés de cours) je respire un peu mieux (désolée pour la seconde allusion… Je réitère : non, je ne suis pas positive!). J’arrive à prendre du temps pour moi. Et pour mon chien. Jazz est arrivée dans ma vie, ou plutôt dans mon appart de Montréal, le 17 mai, Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie. Ainsi, depuis un an, elle s’efforce d’être là pour moi et tente de me ramener à l’essentiel. En langage de chien, ce serait probablement : manger, dormir, câliner, jouer. Mais vous savez comment l’humain peut être têtu… Comment il peut penser tout savoir… Comment il peut ignorer les signes?? Aie-je besoin de continuer? Et si cette pandémie devait nous apprendre quelque chose? Nous pousser à la réflexion sur la façon dont nous vivions? Eh oui, je vous entends soupirer, en disant : « pas besoin de faire mourir des gens pour ça ». Bien sûr. C’est terrible. Et encore, d’autres pays sont d’autant plus touchés que le Canada. Quoi qu’il en soit, tout ça pour dire que c’est dans des moments terribles (malheureusement) que l’Homme – utilisons l’humain – apprend, réfléchit, se questionne, etc. Évidemment, il y aura toujours des imbéciles : ceux-là, ils n’apprendront jamais. Ce n’est ni leur chien ni le retour des dinosaures qui les fera changer. Ils regardent leurs nombrils, en tentant tout de même d’avancer. Ceux-là s’en vont droit dans le mur. Tout ça pour dire que c’est en temps de pandémie, que l’humanité se dévoile. C’est en ces temps-là que vous verrez qui sont vos amis, qui sont ceux qui partagent vos valeurs, ceux qui admettent leur vulnérabilité, ceux qui veulent grandir, ceux qui veulent aider, ceux qui ont le cœur sur la main (et qui se lavent les mains) pour le bien des autres. 

Voilà pour ma philosophie à deux balles en temps de COVID-19. Désolée si je me suis laissé emporter… (Pour une fois que le rédacteur en chef n’aura pas à se casser la tête à couper mon trop grand nombre de mots pour la version papier…) D’ailleurs, même si c’est long, vous avez enfin le temps de lire, ou même commenter, cette chronique, alors ne vous gênez pas pour philosopher à votre tour. D’ailleurs, terminons sur le titre de cette chronique : « Où sont les lesbiennes? »  Habituellement, c’est une question plutôt difficile à répondre. Honnêtement, c’est une question à laquelle je tente de répondre depuis près d’une décennie, qui comporte de nombreuses variables. En général, je termine avec des phrases du genre : « On ne voit pas les lesbiennes, on ne sait pas où elles sont, etc. » Bon je dirais que la première partie de la phrase est plus applicable que jamais (d’ailleurs on ne voit pas grand monde en temps de COVID), mais une chose est certaine, je peux enfin répondre à ma propre question adressée par cette chronique : « Où sont les lesbiennes? » À la maison! (rires)

Je sais, merci. Et comme vous êtes à la maison et que vous avez certainement, pour la plupart, une télévision et un ordinateur, j’y vais de mes suggestions de confinement.

Vous avez déjà eu ma liste de films, alors je ne vais guère répéter ici (quoique j’aurais l’espace…) Je vais plutôt y aller avec « des tops 3 confinement ».

 

3 chansons à réécouter en confinement :

1-    Come to My Window de Melissa Etheridge. Parce que c’est la limite, la fenêtre, et elle protège des gouttelettes. Bref, là c’est le temps de faire ton remake lesbien de Roméo et Juliette, comme si tu étais au balcon de Vérone, en Italie (ou pas). D’ailleurs, vous pouvez relire l’entrevue de Melissa accordée au Fugues, en 2017, lors de son passage au Festival de Jazz de Montréal (qui n’aura pas lieu cette année, comme vous le savez probablement déjà). Je me devais de souligner, une fois de plus, ce deuil d’un été musical à Montréal… (Mon chien s’appelle Jazz, donc pas besoin de vous faire un dessin;)

2-    Debout d’Ariane Moffatt, parce que la pandémie a eu raison de sa tournée. Cela dit, Telus diffuse une nouvelle version de sa chanson sur un montage d’images inspirantes de monsieur et madame tout le monde, depuis sa diffusion à Tout le monde en parle.

3-    I Kissed A Girl de Katy Perry. (Je sais, ce n’est pas vraiment du contenu authentiquement lesbien, c’est plus du marketing et une façon de vendre des albums.) Cela dit, ça fait longtemps « that I Kissed A Girl ». Confinement oblige.

 

3 séries à thématique lesbienne :

1-    Sur Crave: Work in Progress

2-    Sur Netflix : Épicurienne (Feel Good en version originale anglaise)

3-    Sur Radio-Canada : Les Chefs! (Y’a pas de thématique lesbienne. Il me fallait un contenu québécois récent et surtout, un élément pour justifier ma prise de poids importante pendant le COVID-19) 

 

3 ressources à ne pas négliger : 

-       Interligne : https://interligne.co/

-       Centre de solidarité lesbienne : https://www.solidaritelesbienne.qc.ca/

-       Alliance des maisons d’hébergement de deuxième étape : http://www.alliance2e.org/

 

1 évènement à ne pas manquer : 

Journée de Visibilité lesbienne (JVL)

Le week-end du 6 et 7 juin, elles s’afficheront sur le web lors de la Journée de Visibilité lesbienne chapeautée, pour une seconde année consécutive, par le Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ) avec l’aide financière de la Banque TD. Si cette journée, qui prend désormais la forme d’un week-end, devait se tenir, comme l’an dernier, au Never Apart, vu les circonstances entourant le COVID-19, elle prendra place de façon virtuelle. Visitez la page Facebook de la Journée de Visibilité lesbienne (JVL) et le site web du RLQ pour de plus amples informations sur les activités de ce week-end virtuel. De plus, en mai, vous aurez l’occasion de découvrir, sous forme d’un décompte, des femmes LGBTQ+ qui se rendent visibles pour l’occasion! Qui plus est, une fois de plus, Safia Nolin joindra sa voix à titre de porte-parole de l’évènement! Gageons qu’elle poussera d’ailleurs la chansonnette sur Facebook, question d’enchanter votre confinement. 

Page Facebook de la JVL : https://www.facebook.com/JVL.visibilite/

Site web du RLQ/JVL : https://rlq-qln.ca/jvl/

Fondation Émergence :

La journée du 17 mai est toujours autant d’actualité. Puisque la campagne de cette année aura principalement lieu en ligne, visitez le site web de la Fondation Émergence : https://www.fondationemergence.org/