Enquête

La majorité des Européens LGBT craignent de se tenir la main en public

Yves Lafontaine , Yannick LeClerc
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Une nouvelle enquête menée à l'échelle européenne révèle que la majorité des Européens LGBT craignent de se tenir la main avec un partenaire en public.

Le rapport de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne intitulé «Un long chemin à parcourir pour l'égalité des LGBTI» a interrogé 140 000 personnes à travers l'UE, le Royaume-Uni, la Macédoine du Nord et la Serbie.

Il a comparé les résultats avec une enquête similaire menée par la même agence en 2012 et a constaté qu'il y avait eu peu de progrès globaux dans la lutte contre la discrimination à l'égard des Européens LGBT.

Bien qu'on constate une augmentation du nombre de personnes homosexuelles se disant à l'aise avec leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, la plupart du temps ou tout le temps - 52% contre 36% en 2012 - d'autres résultats indiquent qu'à bien des égards les progrès sont au point mort, ou même, dans certains cas, marquent un retour en arrière.

Ainsi, le nombre d'Européens LGBT victimes de discrimination au cours de l'année passée passe à 43%, contre 37% en 2012.

Six répondants sur 10 ont déclaré qu'ils évitaient de se tenir la main en public avec leurs partenaires par crainte de harcèlement ou d'agression, et la violence est restée élevée, avec un répondant sur 10 disant avoir été agressé sexuellement ou physiquement au cours des cinq dernières années pour être LGBT.

Seule la moitié des étudiants LGBT déclare qu'une personne parmi leurs semblables ou leurs enseignants soutient les personnes LGBT +, et deux personnes sur cinq ont déclaré avoir été harcelées en raison de leur identité de genre ou de leur sexualité au cours de l'année écoulée.

Par ailleurs, plus de la moitié des Européens transgenres ont déclaré avoir été victimes de discrimination au cours de l'année passée, contre 39% des lesbiennes et 32% des homosexuels. Les personnes trans étaient également les moins susceptibles de faire confiance à leur gouvernement pour protéger leurs droits.

Au vu de ces indicateurs, le directeur de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne, Michael O’Flaherty, a déclaré: 

«Trop de personnes LGBT + continuent de vivre dans l’ombre, craignant d’être ridiculisées, discriminées ou même attaquées.
Même si certains pays ont fait progresser l'égalité LGBT +, les résultats de notre enquête montrent que dans l'ensemble, il y a eu trop peu de progrès réels, laissant de nombreuses personnes LGBT + vulnérables».

Helena Dalli, commissaire européenne à l'Égalité, a ajouté: 

«Malgré les avancées importantes concernant l'égalité des personnes LGBT + dans l'UE au cours des dernières années, les personnes LGBT + signalent toujours des niveaux élevés de discrimination. Plus inquiétant encore, nous avons récemment assisté à des incidents anti-LGBTI au sein de l'UE tels que des attaques contre des Prides, l'adoption de déclarations de 'zone sans idéologie LGBTI', ou encore la pénalisation des publicités favorables aux LGBTI.»