Sondage mené par une application de rencontres

70% des hommes gais auraient cessé de rencontrer durant la crise de la COVID-19

L'équipe de rédaction
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En ces temps de pandémie du coronavirus, l’application de rencontres pour hommes ROMEO (PlanetRomeo) – très populaire en Europe mais toute de même utilisée partout dans le monde – a effectué un sondage international auprès de ses 3 millions d’abonnés. Plus de 75 000 personnes ont répondu à l’appel ! Cela allait bien au-delà des espérances de ROMEO. On voulait ainsi sonder l’humeur des membres sur une variété de thèmes avec ce confinement obligatoire et sévère dans certaines régions. Alors, combien d’hommes cherchaient d’autres hommes pour des rencontres sexuelles ? La réponse est plutôt surprenante.

75 840 fidèles abonnés ont répondu à 11 questions principales et quelques sous questions touchant les sphères de la santé, du sexe, de l’économie, des voyages et comment ils s’adaptent au confinement. C’est ce qu’a précisé par communiqué ROMEO, le 15 mai dernier, de ses bureaux d’Amsterdam au Pays-Bas. En fait, on voulait analyser comment ces hommes gais, bis ou trans ressentaient l’impact de crise mondiale de la COVID-19.

Environ 57% des répondants révèlent être d’humeur positive, malgré la crise sanitaire. Ce sont surtout les Français, avec 65%, qui sont curieusement les plus positifs. Par contre, à peine 44% des Britanniques disent rester positifs. Mais c’est en Inde – pays encore très pauvre – où l’on trouve le moins d’hommes — 23% seulement —à rester positif face aux impacts de cette pandémie. 

S’abstenir — ou non — de rencontrer des partenaires

Plus de 40% des sondés disent être encore «excités» (horny) et se sentirt fortement brimés, gênés par les mesures de confinement ou la pression sociale de ne pas rencontrer. Chez les 18 à 24 ans, ce chiffre augmente à 55%. En Europe, ce sont les espagnols, à 49%, qui se disent les plus brimés. Et, encore une fois, les indiens, à 56%, se sentent les plus limités dans leur liberté de mouvement et disent souffrir de ne pas pouvoir trouver de partenaires sexuels.

Environ 70% des 75 840 répondants ont affirmé s’abstenir complètement de rencontrer d’autres hommes pour des relations sexuelles durant la crise. Là où les règles sont les plus strictes — comme en Espagne et en Italie —, ce taux va même jusqu’à 86% des hommes sondés. Les allemands disent s’abstenir à 61%, suivis des Suédois à 62%, un pays qui n’a pourtant pas imposé de confinement. 

On apprend dans ce sondage que près de la moitié des répondants qui confirment rencontrer des partenaires le font essentiellement via une application de rencontre en ces temps de limitation des mouvements.   

Répercussions économiques vs craintes pour leur santé

Les hommes sondés se disent plus inquiets par les répercussions économiques de la crise du coronavirus que pour leur santé ! Le futur inquiète et on le voit bien dans ce sondage. 

Si 43% disent qu’ils sont principalement soucieux de leur santé durant cette crise sanitaire, un peu plus de 50% disent surtout craindre l’impact qu’aura la COVID-19 sur leur avenir économique et financier. En Espagne, fortement touchés par la Covid-19, 68% des espagnols se disent principalement préoccupés par leur santé financière. Et, en Inde, c’est 73% des hommes qui sont très inquiets de ce que le futur leur réservera financièrement parlant. 

Peut-être ayant moins de soucis côté argent, les 65 ans et plus révèlent être beaucoup moins inquiets que les 18-25 ans quant à leur avenir financier. Plus à risque de mourir des complications de la COVID, les plus âgés sont aussi les plus inquiets quant à leur santé.

Craindre pour l’avenir des institutions des commuanutés LGBT locales

En poussant un peu plus loin, ce sondage fait ressortir que 57% des répondants craignent des lendemains difficiles (ou très difficiles) côté économique pour leur communauté LGBT locale. On comprend que «les petits commerces et les organisations communautaires restent vitaux pour plusieurs», indique les responsables du sondage. À l’échelle internationale, 35% se disent très préoccupés pour l’avenir des commerces LGBT. Si au Royaume-Uni, seulement 20%, expriment une inquiétude, en Allemagne, 46% se disent préoccupés. Ce sont les hommes de 45 à 65 ans qui expriment le plus leur préoccupation pour l’avenir de leur communauté LGBT locale, dans une proportion de plus de 72%, alors que seulement 54% les 18 à 35 ans disent s’en préoccuper.

Sur les mesures de confinement mis en place par les autorités locales (gouvernements et services de santé publique), 40% des participants disent être en accord avec ce confinement. Trente-deux pourcent (32%) pensaient que ces restrictions pouvaient être encore plus strictes ou ne l’étaient pas assez. C’est en France et en Grande-Bretagne que les gens ne sont pas satisfaits, soit respectivement 53% et 49% croyaient que des mesures auraient pu être encore plus sévères. En Suède, où l’approche a été totalement différente des autres pays européens en ne décrétant de confinement, 56% des répondants approuvaient leur gouvernement. 

Crise sanitaire et panne de désir

Une personne sur cinq indiquait qu’elle était en panne de désir durant cette crise du coronavirus. À ce sujet, 21% disaient avoir perdu tout intérêt à rencontrer un autre homme durant cette période. Le groupe d’âge se disant le plus affecté est celui des 35 à 54 qui compte pour près de 50% des répondants. Ce sont les espagnols qui sembleraient avoir le plus perdu — dans une proportion de 60% —intérêt à rencontrer dans une proportion de 

À propos des vacances bien des hommes gais ne savent plus où donner de la tête. Voyagera-t-on ou pas en 2020 ? Un nombre assez important de participants disent ne pas savoir quoi faire à 31%, tandis que 73% indiquent qu’ils n’ont planifié aucun voyage à l’extérieur de leur pays pour cette année et cela va jusqu’à 85% pour les Espagnols lorsqu’on leur pose la question. C’est au Royaume-Uni où on est le plus optimiste alors qu’au moins 29% des répondants effectueraient un voyage transatlantique si cela devenait possible. 

Et dans tout ça, comment va la vie de couple ? 

31 899 répondants (42% du total) sont en couple. Et de ce nombre, 17% clament que la crise a renforcé leur relation et même que leur couple va mieux. Aux États-Unis et en Inde le pourcentage des hommes disant que leur couple allait mieux qu’avant se situe à 29%, et en Grande-Bretagne, à 27%. Par contre, en Italie, où les mesures de confinement ont été des plus drastiques et des plus longues en Europe (avec 32 000 décès en date du 18 mai, ne l’oublions pas), c’est un peu moins de 14% des hommes qui disent que cette pandémie avait renforcé leur relation.   

NOTE : Les abonnés de ROMEO ont été invités aléatoirement à répondre au sondage entre le 24 avril et le 11 mai. Et ils ne pouvaient y répondre qu’une seule fois.