Communauté bear

Le titre de Mr. Ours Montréal est prolongé d’un an

Edward Sanger
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La Covid-19, a entrainé une prolongation du titre de l’actuel Monsieur Ours Montréal d’un an. La tenue d’un nouveau concours virtuel n’a pas été retenu. Il n’y aura donc pas de nouveau représentant de la communauté ours d’ici 2021.

Remplacer l’habituel concours par une édition virtuelle pour élire le prochain représentant la communauté bear de Montréal n’est pas une solution envisageable, du moins actuellement. 

« Si nous élisons un nouveau Monsieur Ours pour l’édition 2020, il fera quoi durant son année? », s’est exprimé Mr. Ours Montréal 2019, Julien Serre. « Si la tendance de confinement se maintient et que nous n’avons pas le feu vert pour les rassemblements à plusieurs, le nouveau titré pourra difficilement organiser des événements sociaux et des levées de fonds au profit de la communauté», précise-t-il.

Produit par l’organisme communautaire Bear It, le concours Monsieur Ours Montréal se tient d’habitude sur une période de trois jours, au printemps. C’est l’un des plus grands événements bear de la région qui permet d’attirer des gens de la communauté ours de partout. Cette année, il était prévu que le concours ait eu lieu au bar Le Stock, situé en plein cœur du village. De nombreuses activités avaient été prévus durant les festivités pour s’amuser et connaître un peu plus cette branche de la communauté LGBTQ+.

On avait prévu pour l’édition 2020 une participation à la course capotée en talons hauts, un défilé de mode, un drag brunch ours, la présentation de la comédie musicale Bear City, une conférence sur cette communauté et une autre pour la lutte contre le body-shaming (jugement envers l’apparence d’autrui). 

On comprend que se lancer dans un concours pour représenter une communauté n’est pas facile quand on fonce à l’aveuglette. C’est une responsabilité à ne pas prendre à la légère.

Pour s’inscrire les candidats doivent se présenter et expliquer les raisons pour lesquelles ils veulent s’impliquer. Pour le volet sélectif et départager le gagnant, les participants doivent faire un discours en public, présenter un organisme qui lui tient à cœur, répondre à des questions de la part des juges et offrir un numéro de variété de quelques minutes.

 

Il n’y a pas beaucoup d’exigence à la sélection pour participer. « On retrouve une grande variété de corps dans la communauté bear. Il n’est pas obligé d’avoir une bonne pilosité et beaucoup de chair pour être un ours », explique l’un des organisateurs, Nicolas Wegel, les critères corporels ne sont pas vraiment stricts. Ce qui est important est que le futur représentant démontre avoir des valeurs positives et un esprit d’équipe. Et il doit avoir beaucoup de disponibilité durant son règne, car être un Monsieur Ours Montréal ce n’est pas qu’il titre, il faut vouloir s’impliquer.

Du côté des juges, on vise une grande diversité chez les juges. Ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes juges qu’on retrouvent d’une édition à l’autre. On vise une bonne représentativité de la diversité  en ayant une personne du domaine du spectacle, un commerçant du village, un représentant du village, des titrés (comme Monsieur et Madame Cuir), des drag-queens et bien sûr des représentants de la communauté ours. 

« Nous avons même eu, en 2018, un juge de l’extérieur de la ville, mais comme c’est un concours à Montréal, on retrouve principalement sur le jury des personnes qui connaissent la ville locale et sa communauté pour élire un candidat représentif », s’exprime Nicolas Wegel.

 

Bilan et futur de Monsieur Ours 2019

Depuis son élection en 2019, Julien Serre a contribué de multiples façon au sein de la communauté LGBT+, entre autres, via la production d’un Bearlesque au Cabaret Mado qui a permis de remettre à la fondation Émergence environ 3 000 $, des passages à la radio à l’émission LGBTQ+ hebdomadaire Fraîchement Jeudi, pour faire mieux connaître la communauté Bear. Il a également participé à la journée internationale sur la lutte contre l’homophobie et la transphobie l’année dernière, a rencontré, par la même occasion la députée Manon Massé, et a agis en tant que conseiller pour la fondation Émergence.

À cause dans circonstances liés à la COVID-19, les prochains projets de M. Serre, pour sa nouvelle année, sont incertains. «Nous avons planifié beaucoup de projets sociaux et des événements de financement, avant la pandémie, mais tout est sur la glace pour le moment », explique-t-il. Une nouvelle édition du Spooky Bear pourrait avoir lieu à La Ronde pour l’Halloween 2020, si les événements et les rassemblements sont permis d’ici là.