Festival TransAmériques

Le FTA autrement : l’édition 2020 en mode virtuel

Denis-Daniel Boullé
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Pendant quelques jours, les organisateurs du Festival TransAmériques (FTA) annonçaient que, fin mai, le grand rendez-vous annuel de danse et de théâtre aurait lieu. Mais la pandémie a eu raison de leurs espoirs. Curieusement, la programmation était emblématique de ce que nous allions vivre avec des spectacles qui interrogeaient notre rapport au monde, aux autres, à la planète en soulevant toutes les inquiétudes sur un futur très incertain.

Les choix du directeur artistique, Martin Faucher, se révèlent aujourd’hui, un choix visionnaire. Qu’à cela ne tienne, l’équipe du FTA n’a pas baissé les bras pour autant et propose un mini-festival virtuel sur la même thématique, thématique en lien avec ce que nous vivons, et qui nous invite à une promenade intelligente – qui pousse à réfléchir – mais aussi à nous faire rêver, à nous élever peut-être pour nous faire prendre conscience de changer nos habitudes, mais surtout de regarder, de nous regarder différemment et d’agir en conséquence. L’art sert à cela, inévitablement, inéluctablement. Sans lui, nous perdrions toute humanité.

Tout d’abord les carnets de Martin Faucher regroupés sous le titre La vie est là (carnets). Six textes en lien avec des spectacles qui devaient être présentés. «Une façon pour moi de faire le tour de la programmation, avec des réflexions qui m’habitaient au moment où j’ai découvert ses spectacles, plusieurs à l’étranger, explique le Directeur artistique du FTA en entrevue, avec aussi en lien avec ma propre histoire et le lien que j’ai avec le théâtre». Et comme le signale le premier texte, le FTA n’est pas inerte « car pour qui sait écouter, il est frémissant tout frémissant d’une vie étrange qui ne demande qu’à surgir ». De Hambourg à Bruxelles, de Santiago à Montréal, des créatrices et des créateurs à découvrir et qui nous éclairent de leur regard singulier sur le monde. À lire sans modération sur le site du FTA.

«Il y a aussi les rencontres avec ce que j’appelle les cinq sages par balados, comme je les appelle, continue Martin Faucher, et qui étaient programmés dans la section Terrains de jeu du festival, et qui poursuivent une discussion sur ce que l’on vit aujourd’hui». Qui sont ses cinq sages? Tout d’abord, l’anthropologue et aînée autochtone, Nicole O’Bomsawin et l’imam soufi Cheik Omar Koné, la philosophe et politologue Dalie Giroux, l’écrivain et marcheur Daniel Canty, et l’ornithologue et anthropologue Xavier Barden, celui qui est capable de reconnaître des milliers d’oiseaux par leur chant.

Enfin, en collaboration avec ARTV, cinq entrevues avec des artistes d’ici qui parleront de ce qu’ils ressentent face à leur métier confronté à la pandémie. Marie Brassard, Louise Lecavalier, Mélanie Demers, Daina Asbee, et enfin Christian Lapointe avec Nadia Ross. Ces entrevues sont en ligne depuis le 21 mai dernier.

«Nous nous sommes demandés comment faire avec toute l’équipe du FTA, continue Martin Faucher, pour assurer notre présence et garder un lien avec le public, d’autant qu’il y a beaucoup de bruit sur les plateformes mais qui trop souvent s’ouvre sur du vide. Il fallait proposer autre chose que ce que nous retrouvions sur les réseaux.» Comme ces carnets à saveur intime et poétique rédigés par Martin Faucher qui évoquent toutes celles et ceux qui auraient dû être présent.es pour ce grand rendez-vous d’ouverture sur le monde et sur nous-mêmes. «C’est aussi pour moi, le moyen de parler de mon immense intérêt pour les artistes et les créateur.es, à ma ville, à la société, au monde, en somme», conclut Martin Faucher. 

Pour les horaires et les liens de ce FTA autrement, une seule adresse: https://www.fta.ca