Témoignage de Yannick Fabre en période de crise de la Covid-19

Yannick Fabre : «Faire aujourd’hui ce qu’on remet habituellement à demain.»

Yves Lafontaine
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La COVID-19 a chamboulé nos vies d’une manière qu’il est encore difficile à mesurer. Nous avons demandé à Yannick Fabre, agent aux opérations chez GRIS Montréal et président d’Équipe Montréal, de nous dire comment cette crise l’a affecté personnellement…

Comment la crise de la COVID-19 t’a-t-elle affecté personnellement ?

Comme pour beaucoup, la crise de la COVID-19 m’amène à passer plus de temps à la maison. Je suis chanceux, j’ai pu garder emploi, donc je télétravaille. C’est un rythme à trouver, cela n’a pas été évident au début, mais je m’adapte. Tous les matins je prends une petite marche avant de me mettre à mon bureau. Cela me permet de me mettre dans le bon état d’esprit pour le travail. D’un point de vu familial, cette crise m’a poussée à accentuer les contacts avec ma famille. À date tout le monde va bien.

Présentement dans l’espace où tu vis, est-tu seul, avec ton conjoint, de la famille, un coloc, des animaux?

Je vis avec mon chum. Nous avons d’ailleurs fêté nos 5 années de mariage, et 10 ans en couple le 18 avril dernier avec un magnifique plat de canard. Lui aussi télétravaille, on a donc dû adapter le salon pour en faire son bureau.

À quoi ressemblent tes journées ces temps-ci?

J’aime ça rester chez nous, les journées n’ont pas beaucoup changé, même si je suis beaucoup plus souvent à la maison. Il y a tout de même un point qui a changé, c’est la cuisine. Mon chum travaille vraiment plus qu’avant la crise (il a plus de mal à dire «journée finie»), donc je lui fais des bons petits plats.

Durant cette période, nous avons beaucoup de temps pour soi… Comment fais-tu pour que le confinement se passe mieux??

Habituellement j’ai du mal à prendre du temps pour moi. Mais là, à la job on nous propose de faire du yoga et de la méditation, une fois par semaine. J’ai réellement appris à aimer ça et je vais continuer après le déconfinement. Je mets aussi ce temps à profit pour mon engagement au sein d’Équipe Montréal. On a dû évidemment annuler tous nos événement. Conséquemment, avec le conseil d’administration, nous avons plus de temps pour travailler sur des dossiers de fond, préparer le futur et pouvoir concrétiser tout le potentiel de notre structure.

À la maison, que portes-tu habituellement?

J’ai redécouvert les plaisirs du coton ouaté.

As-tu des recommandations ou des suggestions pour rendre cette période plus facile à passer?

Je pense que cette crise est une opportunité pour nous interroger sur l’apparente nécessité de consommer et produire toujours plus. Peut-être est-il temps de favoriser les choses essentielles. Enfin, comme dit mon chum, on peut en profiter pour « faire aujourd’hui ce qu’on remet habituellement à demain ».

Qu’est-ce qui te manque le plus, ces temps-ci??

Je vous ai dit que j’aime rester à la maison, mais là, mon envie du moment c’est d’aller bruncher dans le Village avec des amis.

Que fais-tu pour maintenir un contact avec l’extérieur, maintenir une solidarité?

Pour le contact avec l’extérieur, j’ai déjà la chance d’avoir des réunions régulièrement à la job et à Équipe Montréal, ce qui nous permet de voir d’autres visages. Sinon il y a le dorénavant le célèbre Apéro-virtuel avec les amis et les appels à la famille. Pour maintenir la solidarité, nous nous sommes inscrits aux paniers bio de la Ferme la Bourasque ; et lorsque nous commandons des repas, nous commandons local.

Considères-tu que les gouvernements gèrent adéquatement la situation?

On a la chance d’avoir une communication quotidienne sur la situation et les consignes à suivre. Je suis heureux de voir que les recommandations suivent celles des experts médicaux. Pour un bilan de la gestion de la crise, on verra à la fin.

Que penses-tu retirer de l’expérience que l’on vit présentement?

Avant la crise de la COVID-19, j’avais déjà pris le temps de réfléchir à ce qui faisait sens pour moi. Cette expérience me confirme dans mes choix, je suis quelqu’un qui a besoin de faire des choses qui ont du sens socialement. Je m’engage pour faire la société.

Des inquiétudes pour l’avenir?

Tout plein, mais je préfère y voir des opportunités et des défis.

Un message d’espoir que tu veux lancer?

Profitons de cette situation pour redéfinir notre futur. Il est entre nos mains, mais faut bien se les laver ;)