Affaires judiciaires

André Boisclair accusé d’agression sexuelle armée

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Selon l’acte d’accusation, l’agression pour laquelle M. Boisclair, âgé de 54 ans, est accusé serait survenue «vers ou le 8 janvier 2014» et l’accusé aurait agi « avec la participation d’une autre personne ». 

Pour chacune des deux accusations auxquelles il fait face, soit agression sexuelle avec la participation d'une autre personne et agression sexuelle avec une arme, la peine encourue est de 14 ans de prison. Dans le dossier de cour, la victime est identifiée par ses initiales.

Le mandat d’arrestation visé déposé jeudi au palais de justice de Montréal prévoyait que l’ancien ministre et ancien chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale se présente de lui-même dans l’un des centres opérationnels du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour régler les formalités entourant sa mise en accusation. 

M. Boisclair s’est donc présenté au Centre opérationnel Est, vendredi matin, pour la prise d’empreinte digitale et un échantillon d’ADN.

L’ancien politicien portait un masque et n’a pas fait de déclaration avant d’entrer à l’intérieur. Il devra comparaître à la cour à une date ultérieure. 

Aucun autre détail sur l’affaire n’a filtré jusqu’ici. 

M. Boisclair avait été élu député pour la première fois en 1989, à l’âge de 23 ans. Pendant sa carrière, il a notamment occupé les postes de ministre de l’Environnement, ministre des Affaires sociales et ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration. Il a dirigé le Parti québécois de novembre 2005 à mai 2007. Il a été chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale. 

 

Pour lire l’entrevue que nous avait consacré André Boislair, en 2005


Suite aux résultats décevants des élections de mars 2007, il remettait sa démission comme chef du Parti Québécois, en mai 2007. Il s’était trouvé alors des gens pour se demander si le Québec était vraiment prêt pour un Premier ministre homosexuel. Il serait évidemment bien naïf et simpliste de n'invoquer que la «facette gaie» pour expliquer les déboires du PQ et de son ancien chef. Mais il serait tout aussi naïf de croire qu’elle n’a eu absolument aucun impact. 

Car Boisclair, qui a fait sa sortie du placard en 2000 alors qu’il était ministre, a été confronté plus souvent qu’il ne l’aurait voulu à la question de son orientation sexuelle pendant la dernière campagne électorale, en particulier quand l'animateur Louis Champagne, de la station de radio CKRS, au Saguenay, a déclaré que le PQ ressemblait à un "club de tapettes". En outre, il avait admis avoir fait usage de cocaïne pendant qu'il était ministre dans les années 1990.

Après sa carrière politique, il a étudié à Harvard et a ensuite été délégué général du Québec à New York. 

Jeudi, lors du dépôt de la plainte, il a démissionné de son emploi de président-directeur général de l’Institut de développement urbain du Québec.