Racisme

Une élue trans lance un appel vibrant suite à la mort de George Floyd

Yannick LeClerc
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Après le crime commis par des policiers sur George Floyd. La vice-présidente du Conseil municipal de Minneapolis Andrea Jenkins, une femme noire et trans, a appelé à ce que le racisme soit reconnu problème de santé publique. 

C’est en chantant «Amazing Grace», en mémoire de George Floyd et en soutien à ses proches, qu’Andrea Jenkins a ouvert sa conférence de presse. 

Première femme noire trans élue en 2017 à une fonction de pouvoir public aux États-Unis, elle a prononcé un discours poignant pour la communauté noire américaine endeuillée. 

Lors d’une interpellation plus que musclée, cet Américain de 46 ans est mort il y a une semaine après de longues minutes, étouffé par le genou de l’un des quatre policiers l’ayant si violemment immobilisé au sol qu’il ne pouvait plus respirer

«Libérer nos cous»
«Nous ressentons toutes et tous ce genou plaqué collectivement sur nos cous – un genou qui dit qu’une vie noire ne compte pas pour les institutions qui maintiennent l’ordre dans notre société», a déclaré Andrea Jenkins, avant d’ajouter: «Ma fonction dans l’institution est de contribuer à libérer nos cous de ce genou. C’est le travail que je vais mener.»

La représentante du quartier où Floyd a été tué, a demandé à ce que ses collègues élus de la municipalité et de l’État aillent plus loin et déclarent un état d’urgence sur le racisme, afin qu’il soit reconnu problème de santé publique. 

L’image utilisée par Jenkins est une analogie d’autant plus sombre, dans un contexte sanitaire ébranlé par la crise de Covid-19, tant la pandémie a continué de révéler les inégalités sociales devant l’accès à la santé, touchant déjà très largement les communautés précarisées afro-américaines.

 

Suite aux nuits de violences à Minneapolis, l’émotion est vive jusque dans les discours de plusieurs officiels. Le maire démocrate Jacob Frey a exigé que les policiers soient traduits en justice. 

Andrea Jenkins s’est aussi adressée directement aux manifestants dans la rue, reconnaissant comme légitimes les frustrations et la colère qu’ils expriment, mais condamnant fermement tout acte de violence et implore un retour au calme et à la paix.