VICTOR JUNIOR ROBERGE

« Passionné, j’aime le contact direct avec les gens et j’ai toujours à cœur d’aider mon prochain »

André-Constantin Passiour
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Fugues
Photo prise par © Fugues
La COVID-19 a chamboulé nos vies d’une manière qu’il est encore difficile à mesurer. Nous avons demandé au producteur de radio Fraîchement Jeudi et agent de sécurité Victor Junior Roberge, de nous dire comment cette crise l’a affecté personnellement…
 
 
Comment la crise de la COVID-19 t’a-t-elle affecté ?
La crise est venue chambouler pas mal de choses dans ma vie. J’ai dû reporter mon mariage, me réinventer personnellement, dans mon engagement bénévole, mais aussi professionnellement. Cela n’a pas été facile mais cela m’a permis d’aller puiser dans mes ressources pour aller de l’avant une nouvelle fois. 
 
Pourquoi avoir quitté? le service a? la clientèle pour aller sur le terrain ?
Je suis une personne de terrain et non une personne d’intérieur. Passionné, j’aime le contact direct avec les gens et j’ai toujours à cœur d’aider mon prochain. Pour moi, le devoir de tout citoyen c’est avant tout d’aimer les gens et d’avoir de l’empathie. Je n’ai pas hésité une seule seconde à m’engager et répondre à l’appel du gouvernement sur le terrain en tant qu’agent de sécurité pour GardaWorld Sécurité, une société inclusive et ouverte à la communauté LGBTQ+. 
 
As-tu peur d’être infecté par le Coronavirus ?
Oui bien sûr, c’est un risque qui existe car je suis au contact quotidien avec des gens. Je ne me suis pas posé cette question au moment de m’engager. Je me suis juste dit que la sécurité a besoin de moi et que je me dois d’y aller ! J’ai la chance d’avoir une expérience de préposé aux bénéficiaires pendant laquelle j’ai suivi un module "hygiène et asepsie", méthode pour empêcher toute contamination microbienne. Je savais à quoi m’attendre et cela m'a permis d’adopter les bons réflexes pour me protéger chaque jour.
 
À quoi ressemblent tes journées ces temps-ci ?
Mes journées sont extrêmement remplies. Je travaille 13 heures par jour depuis deux mois. J’ai la chance de pouvoir compter sur le soutien de mon chum et d’une amie dans mon quotidien. Chaque journée je fais face à de nouveaux défis et il me tient à cœur de contribuer à ce que les règles établies par le gouvernement soient respectées. Je sais au fond de moi qu’il est important que je sois là pour sécuriser la population montréalaise et désamorcer des situations difficiles ou inconfortables pour certaines personnes.
 
Un exemple de situation difficile à laquelle tu as fait face ?
J’ai fait face à des personnes qui ne souhaitaient pas respecter les règles d’hygiènes, qui ne souhaitaient pas se laver les mains ou garder une distance de deux mètres. Certaines personnes se permettent même d’avoir des mots déplacés à mon égard. Je respecte la différence de chacun et  je leur envoie beaucoup d’amour !
 
Que retiens-tu de cette expérience sur le terrain ?
Cette expérience m’apporte beaucoup d’un point de vue humain. J’aime à changer le quotidien des gens et à voir les personnes âgées sourire. J’ai le sentiment par cette expérience d’être une personne pleinement accomplie.
 
Comment arrives-tu à concilier cette expérience avec ton émission de radio?
Les locaux de Radio Centre-Ville étant officiellement fermés, mon émission de radio LGBTQ+ Fraîchement Jeudi se déroule pour le moment à distance, tantôt dans une voiture et tantôt chez nous. Il faut savoir être flexible et s’adapter pour continuer à faire entendra la voix de la communauté.
 
Considères-tu que les gouvernements — ici ou ailleurs — gèrent adéquatement la situation?
Je suis content d’être au Québec en cette période de COVID-19. Néanmoins, je pense que le déconfinement arrive trop rapidement et que ce sont les raisons économiques qui poussent à précipiter les réouvertures.
 
Qu’est-ce qui te manque le plus, ces temps-ci ?
J’ai hâte de pouvoir aller au restaurant avec mon chum et revoir mes amis. 
 
Un message d’espoir que tu veux lancer? 
Il faut être conscient que la population montréalaise a besoin de gens sur le terrain. Si on met tous la main à la pâte, c’est comme cela qu’on va combattre le coronavirus et aplatir la courbe. Il est important d’aider et de ne pas oublier nos aînés. Prenez des nouvelles de vos proches et donnez de l’amour !