Pierre Blackburn et Louis Guillemette

Culture, arts, artistes : pour une meilleure reconnaissance du statut de l’artiste

L'équipe de rédaction
Commentaires
Fugues
Photo prise par © Fugues
La COVID-19 a chamboulé nos vies d’une manière qu’il est encore 
difficile à mesurer et cela est encore plus vrai dans le milieu des arts et de la culture. Deux artistes en mouvement s’expriment...

 

Parler de Culture, c’est comme parler d’Amour. C’est un phénomène sans fin et des plus complexes. Il y a la culture populaire et les Arts avec un grand A. Dans ces deux catégories, il y a les vedettes et les artistes qui font leur chemin sans être une star. Il y a les bien payés, les subventionnés et les autres artistes-travailleurs autonomes saisonniers qui arrivent à  survivre souvent en étant interdisciplinaires, voire en ayant un travail « straight » en plus de créer. Certain.e.s artistes ont même une famille à faire vivre. 

Le tableau est riche et complexe. Que ce soit pour les arts de la scène ou la création individuelle, le besoin de créer est une urgence et un investissement total de la part des artistes. Un choix, bien sûr, mais c’est plus fort que soi. À vingt ans, nous sommes tous artistes quelque part, et si nous le sommes encore à cinquante ans, nous sommes de véritables artistes comme disait Gilles Vigneault.
 
En cette période de pandémie, la culture et ses artistes sont frappé.e.s de plein fouet.  Certain.e.s s’en tirent bien, d’autres se demandent déjà s’ils doivent changer de vie. Il y en a même qui travaillent comme bénévoles pour soulager les plus démuni.e.s.
 
En l’absence d’une politique gouvernementale sur le Statut de l’artiste, comme il y a dans certains pays européens, s’ajoute la question de la survie à la frustration de ne pouvoir exercer son métier. En Europe, ce statut est déjà menacé. 
 
fugues
 
Pourtant tout le monde sait qu’il n’y a pas de grands évènements sans artistes et que la vie serait ennuyante sans culture. De plus, on ne cesse de clamer que la culture est rentable puisqu’elle contribue au tourisme et à la consommation. Qui n’aime pas sortir de chez soi, aller dans des lieux publics pour assister à des spectacles, danser, rencontrer du monde autour d’une exposition de peintre, par exemple, échanger et célébrer avec les autres?
 
La créativité est la plus belle chose au monde. Être créatif dans tout ce que nous faisons, nous donne le goût de vivre, de se dépasser, de grandir. On ne s’ennuie jamais. C’est beaucoup de travail pour arriver à une œuvre achevée. 
 
Pour tout ceci, reconnaissons le rôle de nos artistes dans la société. Valorisons le talent, le travail et la vision proposée par l’artiste. Ça nous amène plus loin. 
Alors, soutenons nos artistes. Ils en ont besoin. Aidons-les à obtenir une pleine reconnaissance sociale et économique. Pour nous tous.tes qui avons un rôle à jouer dans notre société, la culture est notre identité. La culture est l’identité d’un peuple.
 
Louis et moi sommes chanceux dans cette pandémie, même s’il faut se réinventer tous les jours, car nous survivons financièrement. Que va-t-il arriver en septembre ? Allons-nous pouvoir reprendre nos activités de création et d’enseignement ? Nous n’avons pas de réponse à l’heure actuelle. Nous nous préparons à une reprise lente et incertaine.
 
Pour terminer sur une note positive, ce que nous apprécions de la crise sanitaire, c’est le silence, l’air plus pur, ainsi qu’un temps pour faire le vide et creuser davantage le sens de notre implication dans la création et l’enseignement. En ce temps de suspension de nos activités, nous demeurons actif le plus possible