Russie

Une vidéo anti-gais en faveur de la réforme constitutionnelle suscite la controverse

Une vidéo appelant à voter le mois prochain en faveur de la réforme constitutionnelle voulue par le président Poutine a suscité la controverse mardi en Russie, en raison de son message hostile aux homosexuels.

La vidéo a été réalisée par le groupe médiatique «Patriote» lié à Evguéni Prigojine, un proche de Vladimir Poutine sous sanctions américaines. Elle montre un orphelin découvrant qu'il a été adopté par un couple d'homosexuels.

«Voici ta nouvelle maman. Ne soit pas fâché», dit l'un d'entre eux, tandis que la voix off interroge: «Quelle Russie choisis-tu? Décide du futur du pays, vote pour les amendements à la Constitution».

Mis en ligne lundi, la vidéo a été depuis vue plusieurs dizaines de milliers de fois et suscité de nombreuses réactions scandalisées sur les réseaux sociaux.

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, a réagi en estimant que les «responsables de Poutine ont complètement perdu la tête à propos de l'homosexualité».

Le directeur de «Patriote», Nikolaï Stoliartchouk, a pour sa part affirmé dans un communiqué que le film ne «faisait pas campagne contre les homosexuels», mais qu'il «défendait l'institution de la famille comme une union entre un homme et une femme», critiquant l'adoption par les couples gais.

La vaste réforme constitutionnelle sur laquelle les Russes doivent se prononcer le 1er juillet donne potentiellement le droit à Vladimir Poutine de se maintenir au pouvoir après la fin de son mandat actuel, remodèle une partie des institutions et inscrit dans la loi fondamentale des mesures sociétales conservatrices.

Parmi ces mesures, la «foi en Dieu» et le mariage comme une «union entre un homme et une femme» uniquement.

Si des communautés LGBTQ+ sont actives dans les principales villes de Russie, la loi russe punit depuis 2013 la «propagande homosexuelle» auprès des mineurs. Les militants LGBT russes font souvent l'objet d'hostilité, de violences et parfois même de meurtres.

Rédaction avec AFP