Témoignage en confinement de Chris Lau

Chris Lau : «La pandémie, m’a donné l’occasion de me rapprocher de certains amis et des membres de ma famille»

Yves Lafontaine
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Fugues
Photo prise par © Fugues

La COVID-19 a chamboulé nos vies d’une manière qu’il est encore difficile à mesurer. Nous avons demandé à Chris Lau, directeur général de la Maison Plein Cœur,  de nous dire comment cette crise l’a affecté personnellement…

Comment la crise de la COVID-19 t’a-t-elle affecté?
Depuis plus de deux mois, je pense à la COVID-19 presqu’en tout temps, que ça soit pendant le travail (j’ai la bonne chance que la pandémie n’affecte pas la sécurité de mon emploi) ou dans ma vie personnelle (comme tout le monde). Même que je suis une personne de nature plutôt sociable, j’aime beaucoup mon temps seul et mon autonomie. La pandémie me fait réaliser, et apprécier, comment mes activités sociales, mes ami.e.s et mes proches sont importants pour moi. Côté santé mentale, il y a eu des journées plus difficiles que d’autres.
 
Présentement dans l’espace où tu vis, es-tu seul, avec ton conjoint, de la famille (enfants, parents, autres), un ou des colocs, des animaux?
J’habite avec Wolf, mon chat, et des poissons (que je n’ai pas nommé). Une chance que Wolf me donne de l’affection…. quand ça lui tente !
 
À quoi ressemblent tes journées ces temps-ci?
Durant la semaine, je travaille et cela m’occupe beaucoup. Donc, les journées passent très rapidement. Les soirs et fins de semaine, c’est complètement le contraire, à l’exception de la dernière semaine. J’ai pris un abonnement Netflix et, depuis des semaines, je rattrape tout ce que j’ai manqué du RuPaul’s Drag Race. Je suis présentement rendu à la 10e saison! Sinon je cuisine beaucoup, j’essaie de frapper des balles de tennis contre un mur près de chez moi, je maintiens le contact avec mes ami.e.s et proches. Ça m’arrive d’aller faire une épicerie pour mes parents. 
 
Durant cette période, nous avons beaucoup de temps pour soi… Comment fais-tu pour que le confinement se passe mieux?
Je suis très reconnaissant par rapport à mon travail ; ceci me permet d’avoir le sentiment d’être utile en ces temps en s’assurant que nous puissions soutenir les gens qui sont encore plus fragilisés avec ce qui se passe. En faisant des livraisons de denrées alimentaires aux deux semaines à des 
personnes qui sont dans le besoin, ça me fait énormément de bien.
 
À la maison, que portes-tu habituellement?
Ça dépend de la température à l’extérieur et si j’ai des rencontres virtuelles! Minimalement en shorts ou bobettes. Je porte un chandail seulement 
quand j’ai des rencontres virtuelles. J’étais peut-être nudiste dans une vie antérieure.
 
As-tu des recommandations ou des suggestions pour rendre cette «pause» plus facile à passer?
Identifie un passe-temps que vous aimez (dans mon cas, la cuisine et la musique) et profite du temps additionnel que nous avons pour trouver le plaisir avec ces passe-temps. Aussi, sois doux.douce avec soi-même ; ces temps sont pas faciles.
 
Qu’est-ce qui te manque le plus, ces temps-ci?
De voir mes ami.e.s et proches, de les recevoir chez moi pour souper, de jouer au tennis (à l’exception de ces derniers jours depuis que c’est 
maintenant permis) et au volleyball avec mes ami.e.s…et, avec toute 
honnêté… le SEXE (je suis célibataire!). 
 
Que fais-tu pour maintenir un contact avec l’extérieur ou maintenir une solidarité?
J’organise beaucoup de rencontres Zoom avec mes ami.e.s et proches (un peu moins ces dernières semaines). Encore, mon travail me permet de maintenir un contact avec le monde extérieur.
 
Considère-tu que les gouvernements — ici ou ailleurs — gèrent adéquatement la situation?
Je crois qu’ils font de leur mieux. D’une manière générale, oui. Mais… je suis grandement déçu, et frustré, de leurs consignes concernant le port du masque. Leurs messages étaient contradictoires et semblaient cacher la vérité, au détriment du contrôle de cette pandémie ici. Je pourrais en parler longuement, mais j’arrêterai ici.
 
Que penses-tu retirer de l’expérience que l’on vit présentement? 
Je crois que ce genre de situation expose des failles dans notre société : notre traitement des aînés, notre préparation pour des pandémies, la fragilité de notre économie, notre capacité de confronter les défis liés aux changements climatiques, etc. J’espère qu’on sera assez intelligent de s’en rappeler collectivement lorsque les choses iront mieux..
 
Crois-tu que ta vie (ou celle des autres) sera transformée par la suite au niveau de nos interactions sociales? Si oui, de quelle(s) manière(s)?
C’est certain que nos interactions sociales changeront et je crois que ce sera pour le mieux. Nous allons peut-être réaliser qu’il est possible d’avoir un lien très fort avec des gens sans contact physique. Dans plusieurs cas, malgré la distance physique, la pandémie, m’a donné l’occasion de me rapprocher de certain.e.s ami.e.s et des membres de ma famille.
 
Des inquiétudes pour l’avenir?
Oui. Plusieurs. Est-ce que nous serions capables de bien respecter toutes les consignes de prévention : garder une distance de 2 mètres, porter un masque quand c’est pas possible, de rester chez soi si on a des symptômes ou si on est malade? Aussi, est-ce qu’on sera assez sages en tant que société d’en tirer des leçons? Des sentiments racistes antiasiatiques deviennent de plus en plus communs ces temps-ci ; allons-nous pouvoir envoyer un message clair et ferme à la société de ce qui n’est pas acceptable?
 
Un message d’espoir que tu veux lancer?
J’ai une aversion envers le fameux slogan populaire ‘Ça va bien aller’; il ne fait que saupoudrer la réalité de sucre. C’est bien correct, et nécessaire, de reconnaître que les choses vont pas très bien en ces moments mais que, oui, nous sommes assez fort.e.s pour passer à travers. De plus, soyons doux.douces envers les gens qui nous entourent; pas mal tout le monde trouve ces temps difficiles; pas besoin d’en rajouter plus!