Santé et consommation d'alcool

20% des canadiens qui boivent en confinement à la maison consomment quotidiennement

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Environ 20 % des Canadiens qui boivent de l'alcool et passent plus de temps en confinement à la maison à cause de la pandémie de COVID-19 disent qu'ils boivent une fois par jour depuis le début de mai, selon un nouveau sondage Nanos commandé par le Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances (CCDUS) publié aujourd'hui.

Près de 80 % des personnes qui boivent de l’alcool et passent plus de temps à la maison disent que leur consommation est à peu près la même ou est moins importante qu’avant la pandémie. Le sondage a aussi permis de constater que, lorsqu’ils consommaient de l’alcool, ...

... plus de 1 femme sur 10 (11,7 %) buvait quatre verres ou plus 

et plus de 1 homme sur 10 (11,7 %) buvait cinq verres ou plus.

« Il est rassurant de voir que la consommation d’alcool de la majorité des Canadiens est soit restée stable ou a diminué depuis le début de la pandémie de COVID-19 », affirme Catherine Paradis, Ph.D., analyste principale, Recherche et politiques, au CCDUS. « On note toutefois un problème du côté des sexes. En effet, les consommatrices disent boire en moyenne 2,4 boissons alcoolisées par occasion – ce qui dépasse les directives de consommation à faible risque – et environ 12 % des femmes disent qu’elles consomment trop d’alcool quand elles boivent. Cela signifie que les femmes risquent davantage de subir des conséquences négatives pour leur santé à court et à long terme. »

Quelques grands constats du sondage :

  • Une personne sur cinq (20,5 %) qui boit de l’alcool et qui passe plus de temps en confinement à la maison dit boire plus souvent qu’avant le début de la pandémie.
  • Le stress et l’ennui sont les principales raisons invoquées par les répondants pour expliquer pourquoi ils avaient bu plus souvent en mai qu’en avril.
  • 8 % des répondants ont indiqué qu’à au moins une reprise, après avoir commencé à boire, ils avaient été incapables de s’arrêter.
  • La consommation problématique d’alcool est rare, mais 1 personne sur 7 a dit éprouver des regrets après avoir consommé de l’alcool.


Compte tenu de ces résultats et de ceux du premier sondage Nanos (publié en avril dernier), le CCDUS continuera à préparer des ressources visant à réduire les méfaits potentiels de la consommation d’alcool, comme celles-ci :


Rappelons que pour diverses raisons, les minorités sexuelles et de la diversité de genre dans son ensemble présente un plus haut taux de toxicomanie que les hétérosexuels. En effet, parmi les communautés LGBT, nous notons un taux de consommation (toute dépendance confondue) d’environ 30%, et ce, comparé à 10-12% chez les hétérosexuels (Peterkin & Ridson, 2003). Or, les recherches réalisées à ce sujet rappellent que le sexe et le genre ont une incidence sur les facteurs menant à la consommation de substances (Berrut, 2007). Ainsi, une proportion de lesbiennes et de gais plus importante que dans le reste de la population, consomme de l’alcool et de la drogue pour en autres atténuer leur sentiment d’être différente, alléger leurs émotions douloureuses (pouvant être en autres liées à l’isolement et/ou l’homophobie dont elles sont victimes) ou réduire leur inhibition (Gouvernement du Québec, 2009).

À court terme, une consommation élevée d’alcool peut engendrer des comportements impulsifs ainsi qu’un manque de jugement (menant en autres à des comportements sexuels à risque. Comme le rappelait, en 2013, l’Association canadienne de santé publique, à long terme, une surconsommation d’alcool peut avoir des effets néfastes sur l’organisme, dont des lésions cérébrales, des maladies du foie, des ulcères à l’estomac ainsi que des dysfonctions sexuelles.