Santé et consommation d'alcool

Les donneurs de sang en temps de crise

Edward Sanger
Commentaires

Les dons de sang sont en diminution depuis le début de la crise sanitaire de la Covid-19. Les centres hospitaliers ont une baisse de produits sanguins et on encourage les dons de plasma si des personnes ont été rétablies de la maladie... (et si vous n'avez aps eu de relations sexuelles depuis 3 mois.)

Depuis le début de la crise sanitaire, le calendrier des collectes de sang, établis des mois à l’avance, a été chamboulé. Les centres commerciaux, les gymnases et les hôtels, pour loger les organisateurs, ont été indisponibles pour permettre de renflouer les stocks de produits sanguins.

La diminution de donneurs n’a pas été un désavantage durant la pandémie. « Comme mentionné par le Premier Ministre lors d’une de ces conférences de presse, les opérations non urgentes et les chirurgies sont passées en dernier dans nos priorités » a mentionné le Vice-Président des affaires médicales et à l’innovation d’Héma-Québec, Marc Germain.

Au début de la Covid-19, la demande générale des transfusions des globules rouges, du plasma et des plaquettes a été de 75 % à 80 % selon M. Germain. À ce jour, on constate une diminution de 20 % pour tous les types de transfusions.

Maintenant que le gouvernement a annoncé le retour des opérations et des chirurgies, les centres hospitaliers ont une diminution de produits sanguins. « Nous n’avons pas enregistré de pénuries de produits », a affirmé M. Germain. 

Les réserves de sang de type O négatif — qui est le donneur universel — ont été la police d’assurance pour les hôpitaux et pour prévenir les cas d’urgences.

Donner son sang et son plasma 

De tout temps, mais encore plus en  période de pandémie, donner du sang et du plasma est essentiel pour l’approvisionnement en produits sanguin.

Les personnes qui travaillent dans des domaines essentiels, comme les CHSLD et les hôpitaux, peuvent donner du sang, mais doivent faire preuve de logique et de grande prudence s’ils travaillent en zone à haute risque de contracter des symptômes de la maladie. En cas de contamination de la part des donneurs, Héma-Québec prend toutes les précautions nécessaires et détruit les poches de sang.

De plus, les dons de sang, pour produire le plasma sont aussi importants pour les transfusions et la recherche scientifique. Ils peuvent servir de deux façons, d’un côté ils sont utilisés pour des traitements à base de protéines plasmatiques, qui est nécessaire pour vivre, et de l’autre, le plasma est un ingrédient clé pour la fabrication de médicaments en produits thérapeutique pour les personnes qui ont des troubles de la coagulation, qui sont des grands brûlés et pour les gens atteints d’immunodéficience (système immunitaire affaibli).

Ainsi, La Société canadienne du sang fait un appel à toutes les personnes, qui sont rétablies de la Covid-19, à donner du plasma. Selon l’organisme, prélever du plasma d’une personne qui s’est rétablie de la maladie, après une période de 28 jours de convalescence, pourrait être un ingrédient clé pour la production d’anticorps et permettre de guérir plus vite une personne qui est infectée.

« À ce jour, aucune donnée scientifique n’a prouvé que le virus peut se transmettre par le sang », affirme le Vice-Président en santé et à l’innovation d’Héma-Québec, Marc Germain.  

Changements futurs dans l’admissibilité?

Les critères d’admissibilités pour donner du sang pour un homme qui a eu des relations sexuelles avec un homme est maintenant de trois mois depuis mai 2019 et cela a été approuvé par Santé Canada. Avant même le début de la pandémie, Santé Canada collaborait avec plus d’une quinzaine de projets de recherche pour recueillir des données factuelles et pertinentes pour faire évoluer la donation de sang et de plasma chez les hommes gais et bisexuels.

« Nous essayons de recueillir des informations pour permettre aux couples hommes monogames de passer de 3 mois d’attentes à un mois. Mais, nos recherches sont mises en pause tant que la Covid-19 persiste », conclut M. Germain. 

Depuis l’affaire du sang contaminé en 1983, il existe une exclusion des homosexuels masculins pour le don du sang. Et cette exclusion, spécifique aux hommes gais et à ceux qui ont résidé dans les Caraïbes ou en Afrique, est remise en question et fait début depuis des décennies. La difficulté est de trouver un consensus entre principe de précaution, non-discrimination, et responsabilités individuelles et collectives.

Au Canada, des réformes se sont faites pour un changement des pratiques. On est passé d’une «interdiction à vie pour un homme ayant eu des relations sexuelles avec un homme depuis 1981», à une «interdiction pour ceux qui ont eu des relations sexuelles dans la dernière année». Et depuis 2019, à une «interdiction pour ceux qui ont eu des relations sexuelles dans les 3 derniers mois».

Il y a trois niveaux de réflexion : 

  • le sur-risque infectieux lié à une pratique sexuelle à risque
  • la faisabilité de tests performants mais laissant une fenêtre silencieuse biologique 
  • la protection du receveur. 

 

Le risque infectieux des homosexuels masculins pour le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est statistiquement plus élevé que le reste de la population, c’est vrai, mais chaque personne présente son propre risque individuel selon ses pratiques, et n’a donc pas le même niveau de risque. Chacun devrait être confronté à la même réglementation : une règlementation liée plus aux pratiques à risque : sexe anal ou vaginal sans protection avec un partenaire non régulier.