Bars et COVID-19

À quand au tour des bars de trinquer? Québec doit uniformiser les règles du jeu

Yannick LeClerc
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Alors que les restaurants ouvrent partout au Québec (sauf dans le Grand Montréal, la MRC de Joliette et la ville de L'Épiphanie qui vont pouvoir ouvrir le 22 juin) les bars, frappés tout autant par la COVID-19, sont toujours sur leur faim. Plusieurs regroupements (dont la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et la Nouvelle association des bars du Québec) demandent au gouvernement provincial de niveler le terrain de jeu, comme l’a fait l’Ontario.

En date d’aujourd’hui, dans les régions désignées, les restaurants et les bars qui servent de la nourriture sont les seuls à pouvoir rouvrir. Les amendements proposés par le gouvernement dans le cadre du projet de loi n° 61, visent à permettre aux restaurateurs de servir de l’alcool sans nécessairement l’accompagner de nourriture. Ils impliquent aussi la possibilité de livrer de l’alcool par un intermédiaire, si les boissons en question sont jointes à des aliments. 

Des ajustements réglementaires permettraient aux bars avec des permis MAPAQ de faire un changement administratif avec la RACJQ pour bénéficier de ces allègements réglementaires. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, en consultation sur ce projet de loi, a demandé d’aller plus loin pour aider le secteur des bars.

« Que les restaurateurs puissent enfin rouvrir, et bientôt avoir plus de flexibilité, est une excellente nouvelle! Maintenant, il est temps d’accorder la même modernisation réglementaire pour les bars. Les bars animent nos rues commerciales, nos quartiers et sont des endroits où la culture québécoise est au rendez-vous. Avec des règles sanitaires claires, ces commerces pourraient certainement accueillir des clients tout en respectant la distanciation physique. On mange quand même à la même distance que l’on boit, » a mentionné François Vincent, vice-président, Québec à la FCEI.

« Mettez-vous dans la peau d’un tenancier de bar qui voit son voisin, restaurateur, rouvrir ses portes, servir ou livrer de l’alcool quand lui ne le peut pas? Il y a beaucoup de confusion autour des permis d’alcool ainsi qu’un grand risque de créer des situations d’injustice entre ceux qui ont le droit et ceux qui ne le peuvent pas. Comme nous le disons depuis le début de cette crise: un bar, c’est une PME. L’industrie a énormément évolué. Il est grand temps que les lois qui nous gouvernent en fassent autant, » a ajouté Pierre Thibault, président fondateur de la NABQ.

Ces deux organismes demandent donc aux autorités publiques respectives d’agir prestement pour :

  • Permettre à tous les bars de rouvrir ;
  • Permettre aux bars de livrer de l’alcool par un intermédiaire jusqu’à 3h, et leur octroyer le droit de le faire à un prix différent que l’alcool consommé sur place ; 
  • Permettre aux bars de vendre de l’alcool pour emporter ; 
  • Concrétiser les allègements réglementaires prévus par les amendements déposés dans le cadre du projet de loi n° 61 ; 
  • Mettre en place un fonds d’urgence pour les PME afin de soutenir l’achat de l’équipement de protection individuelle (EPI) nécessaire pour protéger le public ;
  • Étudier la possibilité de fermer une portion des rues les fins de semaine pour y installer des terrasses ; 
  • Suspendre les frais entourant les permis municipaux de terrasse pour l’été 2020. 

Rappelons que seulement 10 % des PME québécoises sont à peu près au même niveau de ventes que d’habitude à cette même période de l’année et que près de la moitié des PME québécoises ont connu une diminution de 70 % de leurs ventes.

37% des PME sont en retard dans les paiements de factures telles que le loyer, les cartes de crédit et les principaux fournisseurs. 

75 % des PME ont cité la réduction du fardeau administratif comme moyen efficace que le gouvernement pourrait prendre pour aider à la reprise.

En moyenne, depuis le début de la crise de la COVID, les dettes que les PME canadiennes ont accumulées s’élèvent à près de 150 000 $. La médiane se chiffre à 40 000 $.