Grande-Bretagne

10 ans après son coming out et de combat contre l'homophobie, Gareth Thomas dit en être encore victime

Yannick LeClerc
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Une décennie après avoir fait son coming out, l'ancienne vedette du rugby gallois Gareth Thomas dit qu'il fait toujours face à l'homophobie.

Retraité du sport depuis 2011, Gareth Thomas a utilisé son statut de sportif britannique en vue, le Gallois s'est consacré ces dernières années à lutter contre la discrimination dont souffrent les personnes LGBT. Ce qui ne le met pas à l'abri de continuer à subir des attaques homophobes. 

«Là où j'en reçois beaucoup, c'est quand je suis assis avec mes amis, et qu'on m'adresse le mot pédé», confie-t-il au site PinkNews.

«Nous devons trouver la source de la haine et l’éradiquer», en déduit Gareth Thomas qui, confiné chez lui au Pays de Galles, a lu les œuvres du leader noir des droits civiques Malcolm X.

Il a été particulièrement séduit par son idée selon laquelle il n'y a, en substance, aucune différence entre les «loups» ouvertement racistes qui sont violents envers les Noirs et les «renards» apparemment libéraux qui cachent leur venin derrière des sourires étincelants et crocs, mais sont tout aussi une grande menace. Il pense que cela reste vrai aujourd'hui pour toutes les formes de préjugés.

«Nous devons continuer d'évoluer pour empêcher la haine de s'exprimer publiquement et pour cesser de célébrer les personnes discriminantes. (...) Nous devons trouver la source de la haine et l’éradiquer, afin qu’elle ne se produise pas dans des endroits privés où les gens pensent qu’ils peuvent s'en tirer» dit Thomas Gareth à PinkNews.

L'ancien joueur pousse la réflexion plus loin encore et considère que les gays doivent aussi faire leur introspection. «Et bien je suis gai et je pourrais être homophobe». Par cela, il veut signifier qu'au sein de la communauté LGBT certains peuvent parfois être coupable de haine.

Quand Thomas a découvert qu'il vivait avec le VIH, dit-il, il s'est retrouvé face à face avec la stigmatisation et la discrimination que les homosexuels peuvent perpétrer contre les leurs. Ensuite, il y a le petit groupe qui prétend être LGB, mais déteste les transgenres. Et, ainsi de suite.

Évoquant le mouvement mondial de mobilisation contre le racisme, il affirme: "Nous pouvons faire plus. Nous devons faire plus. Nous pouvons exprimer nos opinions, montrer notre soutien. Profitons de cette occasion pour comprendre ce qu'est la discrimination, combien de formes elle prend, comment la discrimination cachée affecte les gens. Il est maintenant temps pour nous d'aller sur le terrain et de montrer notre soutien». 

En tant que personne qui déteste toutes les formes de haine, Gareth espère que le soulèvement sans précédent de Black Lives Matter incitera à d'autres conversations sur des sujets tels que l'homophobie, la transphobie et la stigmatisation du VIH.