Chili / Sport

Le basketteur chilien Daniel Arcos fait son coming out dans une longue lettre

L'agence AFP
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Le basketteur chilien Daniel Arcos a révélé son homosexualité dans une lettre où il évoque sa douleur d'être resté dans le placard avant de se décidéer à faire son coming out.

Daniel Arcos, qui joue pour l'équipe CD Castro dans la meilleure ligue de basket-ball pro du Chili, a déclaré qu'il avait «décidé de s'aimer et de se valoriser» en se présentant publiquement comme gayi.

Le joueur de 26 ans, s'est déclaré «fier et libre» en écrivant et en partageant la lettre de trois pages, qui a suivi une longue période de lutte contre la honte et l'acceptation de soi.

«J'attendais ce jour depuis longtemps, un défi personnel avec de nouvelles couleurs [arc-en-ciel] sur ma chemise, des couleurs que je regardais avec honte et qu'aujourd'hui je décide de porter avec fierté. Malgré le passage du temps, il y a toujours un tabou dans le sport, qui dans mon cas est le basket-ball», a-t-il écrit. «Je me souviens avoir marché un après-midi après avoir eu une relation avec un autre homme. J'avais des sentiments de culpabilité, je me sentais mal, solitaire, comme si j'avais fait quelque chose de vraiment mauvais.
J'avais peur de le partager avec quelqu'un et d'être jugé, comme je le faisais déjà avec moi-même. J'ai continué ma vie normalement», avec beaucoup de sport et d'études, en espérant que le temps se chargerait de faire son œuvre».

«J'ai continué à grandir et à atteindre mes objectifs. Dans le domaine du basket professionnel, petit à petit, j’ai commencé à gagner ma place… La vie d’un athlète n’implique pas seulement des matchs avec des victoires ou des défaites, mais apporte également un style de vie qui offre tout. Plusieurs fois, cela m'a fait me sentir déplacé et j'ai senti que je ne pouvais pas vraiment être qui j'étais», poursuit le sportif.

«J'ai évité les questions inconfortables, j'ai menti et je me suis tu quand je pensais que quelque chose n'était pas juste, cherchant ainsi à m'intégrer, à être un coéquipiers comme les autres, mais l'homosexualité se manifestait souvent par moquerie et insulte, synonyme de 'faiblesse et petite virilité'»

«Ce malaise était la raison pour laquelle j'ai pensé à abandonner ce beau sport. Des jours et des nuits, j'avais des pensées tourmentées obsédantes et j'étais fatigué, alors j'ai décidé de m'aimer et de me valoriser. Il était temps d'avancer. J'ai commencé à le dire à mes amis proches, puis à ma famille, toujours avec la peur d'être jugé. Ma sœur, ma mère, mon père et mes amis ont tous la même réponse: "Il faut juste être heureux, je suis là pour toi, le reste n'a pas d'importance".»

«Je veux faire partie du changement et construire une société dans laquelle nous nous traitons avec respect et pouvons être heureux. Je suis prêt à faire face à ce qui arrive malgré l'incertitude qui existe après la publication de cette lettre, mais je pense que nous sommes au bon moment pour continuer à aller de l'avant et éliminer les placards qui ne devraient pas exister. Je suis convaincu que le sport peut nous inclure tous… mais tant que des problèmes comme celui-ci ne seront pas visibles et rendus naturels, il sera difficile de progresser». 

Le Mouvement homosexuel d'intégration et de libération (MOVILH) - la plus grande organisation chilienne de défense des droits des LGBT - a déclaré que le coming out d'Arcos «apporte une contribution significative à d'autres acteurs qui peuvent se retrouver dans une situation de chagrin ou de douleur pour ne pas être en mesure de révéler qui ils sont».