LGBT

La Russie reconnait un mariage gai «accidentellement»

Logan Cartier
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C’est une faille juridique qui aurait permis à deux hommes d’être reconnus comme mariés, alors que la Russie ne reconnaît pas le mariage gai. Ces deux militants clament avoir reçu une déduction fiscale de leur pays après s’être mariés aux État-Unis. Preuve, selon eux, que la Fédération de Russie reconnaît leur union. 

«L’État nous a accordé cette réduction d’impôts et a ainsi reconnu notre mariage», écrit Igor Kotchetkov dans une publication sur sa page Facebook, reprise par The Moscow Times. 

 

La Russie est pourtant connue pour ses positions LGBTphobes. Mais le pays reconnaît les mariages célébrés à l’étranger, tant qu’ils ne concernent pas des membres d’une même famille ou des personnes déjà mariées. «Puisque nous ne sommes ni mariés avec quelqu'un d'autre, ni de la même famille... notre mariage est donc reconnu en Russie», poursuit le message.

 

C’est la seconde fois que la Russie reconnaît par erreur un mariage homosexuel. En janvier 2018, l’administration avait tamponné l’état civil de Pavel Stotsko et Evgeny Voytsekhovsky et reconnu leur mariage à Copenhague quelques semaines plus tôt. Les deux hommes ont par la suite reçu plusieurs menaces de mort et des appels anonymes menaçants auprès de leur famille. L’administration a même annulé leur passeport sur décision du ministère de l’Intérieur. 

 

La semaine prochaine, la Russie doit voter des amendements constitutionnels pour permettre à Vladimir Poutine de rester au pouvoir jusqu'en 2036. Surtout, si elle est votée, cette réforme constitutionnelle inscrirait dans la loi que le mariage doit être hétérosexuel. Mais selon Igor Kochetkow, ce changement constitutionnel n’empêchera pas son union d’être reconnue. «C’est trop tard. Les mariages de personnes de même sexe existent déjà en Russie» soutient-il. Selon lui, l’égalité devant la loi est un principe constitutionnel plus fort que le vote des amendements envisagés. Le militant appelle tous les couples mariés à l’étranger à faire reconnaître leurs droits.