Discussions suspendues autour d'une exposition sur la purge LGBT

Le Musée des droits de la personne ou de la honte?

Sébastien Thibert
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À la suite de révélations sur la censure de contenus touchant à la diversité des genres et des orientations sexuelles par la direction du Musée canadien pour les droits de la personne, les discussions entre le Fonds Purge LGBT, qui devait mettre sur pied une exposition sur la purge LGBT et l’établissement sont à l’arrêt depuis une semaine.

Rappelons que le musée a d'abord publié, il y a deux semaines, des images en appui au mouvement Black Lives Matter, ce qui a fait réagir les dénonciateurs, qui ont accusé l'institution d'être hypocrite alors qu'ils disent subir du racisme à l'intérieur même des murs de l’institution. D'autres travailleurs actuels ou anciens ont par la suite fait dévier le débat vers la cause des minorités sexuelles. Ils ont rapporté qu'on leur avait demandé d'éviter de présenter les éléments liés à l'histoire des droits de la communauté LGBTQ2+ à la requête de certaines écoles.

Les accusations sont très sérieuses, et les réponses doivent être à la hauteur, explique en substance le Fonds Purge LGBT, dans un communiqué. Cette société à but non lucratif a été constituée en 2018 pour gérer un fonds de 15 à 25 millions de dollars. Elle a été créée à la suite d’un recours collectif intenté contre le gouvernement du Canada par des membres de la communauté LGBT qui étaient des employés de la GRC, de la fonction publique et des Forces armées canadiennes. Le Fonds a été mandaté à la suite du recours collectif et d'un ordre de la cour. 

Outre les compensations aux victimes, le fond permettra d’ériger un monument à Ottawa pour rappeler ce moment sombre de notre histoire et souligner les avancements en termes des droits LGBTQ+. Le Fonds entend aussi mettre sur pied une grande exposition sur la purge LGBT qui devait être présentée au Musée canadien pour les droits de la personne, mais avec les révélations récentes, il est possible que cette exposition se tienne ailleurs dans un autre musée canadien. 

Le président-directeur général du Musée, John Young, a déclaré qu’il ne chercherait pas à obtenir un nouveau mandat quand son contrat touchera à sa fin au mois d'août. John Young et cinq autres membres de l'équipe de direction ont signé un message d'excuses publié il y a plus d’une semaine, reconnaissant que cette pratique était contraire à tout ce que le musée prétend défendre.

Le Fonds demande au Musée de faire toute la lumière sur ces accusations et de mettre en place un plan d'action concret pour lutter contre la discrimination.

Le communiqué survient à la suite de la décision de Fierté Winnipeg d’annuler une cérémonie d’accueil qui devait se tenir au Musée dans le cadre d'une conférence de Fierté Canada Pride en 2022. L'ancien maire de Winnipeg Glen Murray a aussi annoncé sa démission du comité de financement du Musée. 

Le musée a précisé avoir cessé de se plier à de telles requêtes des écoles depuis 2017.