Homophobie

La Turquie défend le chef du Croissant-Rouge après un tweet jugé anti-LGBT

La Turquie a pris la défense du chef du Croissant-Rouge turc visé par des critiques après avoir posté le jour du 50e anniversaire des premières marches de la fierté un tweet dans lequel il semblait assimiler les homosexuels aux pédophiles.

Dans ce tweet polémique, posté dimanche, Kerem Kinik a écrit: «nous combattrons quiconque chercherait à perturber la création saine et ceux qui présentent l'anormal comme normal (...) et ceux qui imposent leurs rêves pédophiles aux jeunes esprits sous couvert de modernité».

Kerem Kinik n'a pas mentionné explicitement les homosexuels et affirmé que ses propos visaient les pédophiles seulement, mais son tweet a suscité une vague de critiques, y compris de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge (IFRC) dont il est l'un des vice-présidents.

«Les vues exprimées par Kerem Kinik ne reflètent pas celles de l'IFRC. Ces mots sont à la fois faux et offensants pour nous tous», a écrit l'IFRC dans un tweet posté lundi.

Le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, a pris la défense de M. Kinik, affirmant dans un communiqué publié tard lundi que «la propagande LGBT pose une grave menace à la liberté d'expression». 

«L'IFRC est devenue complice des attaques visant Kerem Kinik, un docteur qui a consacré toute sa vie à la protection des enfants dans le monde. On ne nous fera pas taire», a-t-il ajouté.

En avril, le chef de l'Autorité des affaires religieuses en Turquie (Diyanet), Ali Erbas, avait créé la polémique en faisant dans un sermon un lien entre l'homosexualité et les maladies. Le président turc Recep Tayyip Erdogan l'avait alors vigoureusement défendu face aux critiques affirmant que «toute attaque contre lui est une attaque contre l'État».

La Turquie est l'un des rares pays musulmans où l'homosexualité n'est pas réprimée par la loi. En revanche, l'homophobie et la transphobie y sont répandues et les associations LGBT font régulièrement état d'agressions. La marche des fiertés d'Istanbul, qui rassemblait autrefois plusieurs milliers de personnes, est en outre interdite depuis plusieurs années.

Rédaction avec AFP