Vous utilisez le drapeau bi?

Un organisme tente de vous faire payer pour le faire à présent

Yannick LeClerc
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Fugues
Photo prise par © Fugues

Une organisation américaine s’est lancée dans une étrange campagne d’intimidation auprès des internautes, revendiquant la propriété exclusive du symbole de la fierté bisexuelle.

 
Vous l’avez sans doute vu flotter à la Fierté ou lors d,Un événement de visibilité LGBTQ dans une école, à moins que vous ne l’ayez brandi vous-même. Le drapeau de la fierté bisexuelle, rose, violet et bleu, est au centre d’une curieuse bataille aux États-Unis. Une organisation s’est mise en tête de récupérer des royalties sur son utilisation, rapporte LGBTQ Nation.
 
C’est l’activiste Jayne B. Shea qui a sonné l’alarme après avoir été contactée par BiNet USA. Ce groupe pionnier de la défense de l’identité bi proposait de «discuter de [son] utilisation du drapeau sans qu’aucun argent n’ait été versé à notre organisation» et l’invitait à «trouver un deal» financier. À défaut, BiNet USA la priait de supprimer les photos sur ses réseaux sociaux et sur son site, où Jayne B. Shea vend quelques T-shirts et accessoires tricolores. Ces revendications sorties de nulle part, assorties de menaces de poursuites à peine voilées, ont immédiatement enflammé la communauté bi américaine, dont la réaction a été assez unanime : Fuck You BiNet USA.
 
La démarche de l’association est d’autant plus incompréhensible qu’elle-même s’était par le passé félicitée du fait que le drapeau – lancé en 1998 par un militant de BiNet USA – était un symbole libre de droits, que le public pouvait utiliser à sa guise. Généralement, les drapeaux ne font pas l’objet de droits d’auteur, surtout ceux avec un design aussi élémentaire que trois couleurs juxtaposées. En difficulté financière, l’association serait à la recherche désespérée de fonds, avance le blogueThe Mary Sue. La mauvaise presse suscitée par l’affaire a apparemment fait des remous à l’intérieur même de l’organisation. Le compte Twitter a d’ailleurs disparu pour le moment.