New York

Le plus vieux bar gai de New York en péril

Étienne Dutil
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Outre le Stonewall, la crise du Covid-19 menace les établissements LGBT+. À New York, le plus vieux bar gay de la ville, le Julius, est en grande difficulté financière et a lancé une opération de sociofinancement. Tout le monde connait le Stonewall Inn, épicentre des luttes LGBT+. Mais le plus vieux bar gai encore ouvert de New York s’appelle le Julius’ Bar. 

Autrefois fréquenté par des clients illustres comme Tennessee Williams, Truman Capote ou le danseur Rudolf Nureyev, le Julius est aujourd’hui en péril en raison de la crise du Covid-19 que les États-Unis ne parviennent pas à endiguer. Pour payer ses factures, les propriétaires du bar ont lancé une opération de crowdfunding via une page GoFundMe. 

Si le Stonewall Inn, également en difficulté, s’est vu rapidement tiré d’affaire en ayant également recours à un appel au don, à ce jour, le Julius n’a récolté que 35 000 dollars sur les 50 000 nécessaires pour couvrir les dettes à court terme et les salaires des employés de l’établissement.

L’établissement, fréquenté par une clientèle queer depuis les années 50, a été le théâtre d’une protestation en 1966 organisée par la Mattachine Society, l’une des toutes premières organisations LGBT créées aux États-Unis. Ses membres entendaient protester contre une disposition de l’État de New York qui interdisait la vente d’alcool aux personnes «suspectées d’être homosexuelles ». L’association organisa un «sip-in» ( de l’anglais to sip, siroter ) inspiré des fameux « sit-in », mais un verre à la main.

Le changement de politique engendré par cette manifestation permettra l’émergence d’une nouvelle génération de bars gais dans les villes américaines, plus visibles. En 2016, le Julius bar a été classé au Registre National des Lieux Historiques américain. Le bar a servi de décor à quelques films comme Boys in the Band (1970) et Can You Ever Forgive Me? (2018).