Jeunes

Une étude alerte sur le mal-être des jeunes LGBT+ !

Étienne Dutil
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Une enquête indique que 40% des moins de 24 ans ont «sérieusement envisagé le suicide» au cours de l’année. Le confinement pourrait expliquer en partie ces chiffres alarmants.

Deux tiers (68%) des jeunes LGBT+ ont signalé des symptômes d’angoisse généralisée. L’enquête a été menée auprès de 40 000 jeunes américains, entre le 2 décembre 2019 et le 31 mars 2020. C’est «l’enquête la plus vaste jamais conduite sur la santé mentale des jeunes LGBT+», souligne le Trevor Project, à l’origine de l’étude.

Ce sont des chiffres supérieurs à ceux qu’on a l’habitude d’observer. Ils peuvent témoigner d’une forte recrudescence des pensées suicidaires. Si l’enquête a eu lieu principalement avant le confinement, la courte période d’assignation à résidence pendant laquelle le sondage a été mené peut expliquer, en partie, les chiffres très hauts.

 « De nombreux jeunes ont été coupés de leurs soutiens habituels et ne pouvaient plus se tourner vers des associations, des amis ou n’importe qui les aidaient», souligne Amit Paley, le directeur général de l’ONG. Pendant le confinement, les jeunes, qui sont particulièrement touchés par les pensées suicidaires, étaient constamment présents sur les réseaux sociaux où ils ont pu être victimes de cyber-harcèlement.

 Car même avant le confinement l’accès à une aide psychologique est difficile. 46% des jeunes interrogés ont indiqué un besoin de parler à un psy mais n’y ont pas eu accès dans l’année. «On a constaté une augmentation importante de la demande de nos services de crise qui ont été jusqu'à doubler par rapport à une période normale», remarque Amit Paley. Près d’un tiers des répondants ont été mis à la porte de chez eux, se sont enfuit ou ont été à un moment sans-abris.

Aux États-Unis, les politiques scolaires sont en défaveur de l’éducation au genre, ce qui peut expliquer que les jeunes transgenres et non-binaires soient les plus affectés. Plus de la moitié des transgenres et non-binaires ont eu des pensées suicidaires au cours de l’année et plus de 60 % ont pratiqué des formes d’automutilation. Au total, 86 % des sondés avancent que les «récentes politiques» ont eu un impact négatif sur leur bien-être.