Syrie

Les gais et trans régulièrement battus et violés par les différentes factions du conflit syrien

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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Les personnes LGBT en Syrie souffrent de violences sexuelles extrêmes aussi bien de la part de groupes pro-gouvernementaux que de militants de l'Etat islamique, selon un rapport explosif de Human Right Watch, l'une des principales organisations de défense des droits LGBT au monde.

Dans un rapport établi à partir d'entretiens avec 40 personnes LGBT et trois hommes hétérosexuels ainsi que divers acteurs sociaux et représentants d'organisations humanitaires, Human Rights Watch (HRW) révèle à quel point les homosexuels syriens sont soumis à des humiliations et des actes de brutalité dans les territoires en guerre.

Le rapport de 77 pages, publié mercredi 29 juillet, détaille les violences sexuelles infligées à des civils homosexuels par des responsables gouvernementaux et des groupes armés non étatiques, mais aussi par des militants de l'Etat islamique selon les territoires contrôlés par les uns et les autres.

Mutilations, choc électriques, tabassages, brûlure des organes génitaux, viols, nudité forcée; autant d'es actes humiliants ou violents qui se sont produits dans les murs des prisons d'État, des points de contrôle et des centres de détention.

«Ils vous violent juste pour vous voir souffrir, crier», a déclaré Yousef, un homosexuel de 28 ans interrogé dans le rapport. 

Ce faisceau de violence traumatise les survivants pendant des années. Beaucoup souffrent de dépression, de stress post-traumatique tandis que d'autres souffrent de saignements rectaux, de douleurs musculaires ou contractent le VIH. Et ce d'autant que lorsque des Syriens homosexuels s'enfuient au Liban et au-delà, ils manquent de services de santé physique et mentale pour faire face à leur détresse.

Au cours des dernières années du conflit, le taux de violence sexuelle sur les personnes LGBT a atteint des «sommets vertigineux», dénonce Human Right Watch. Des violences qui ont été largement ignorées dans un contexte de guerre vieux de neuf ans, où les civils ont souffert un prix très élevé alors que le gouvernement du président Bashar al-Assad bombarde ce qu'il reste du mouvement rebelle. Les régions assiégées ont vu, selon HRW, l’hostilité envers les personnes LGBT s'entremêler avec l'intensité du conflit civil. Le piégeage ou les agressions d'hommes homosexuels ont explosé dans les affres de la guerre.