États-Unis

Pour l’armée américaine, le drapeau arc-en-ciel est un «symbole de division»

Étienne Dutil
Commentaires

L’armée américaine fait un curieux amalgame. Après les émeutes liées à la mort de George Floyd, le ministère de la Défense américain a interdit le drapeau confédéré sur ses bases… ainsi que le drapeau arc-en-ciel. 

De nouvelles règles sont entrées en application sur les bases américaines. Dans un premier temps, elles ont été applaudies car elles interdisent le drapeau confédéré, un drapeau décrié par les défenseurs du mouvement «Black Lives Matter», qui a embrasé les États-Unis après la mort de George Floyd. Si ce drapeau est si critiqué, c’est parce qu’il représente les États du sud qui se sont battus pour le maintien de l’esclavage pendant la guerre civile. Mais la nouvelle réglementation en vigueur dans l’armée n’interdit pas seulement le drapeau confédéré, mais tous les drapeaux. À quelques exceptions près : évidemment, le drapeau des États-Unis continuera de pavoiser les bases militaires, mais également les drapeaux de quelques États fédéraux et quelques autres. 

« Les drapeaux que nous arborons doivent être en accord avec les impératifs militaires d’ordre et de discipline, traitant notre peuple avec dignité, respect et rejetant les symboles de division», écrit le ministre de la Défense dans une note. «On doit toujours rester concentré sur ce qui nous unit, notre serment envers la Constitution et notre mission de défendre la nation», poursuit-il. 

Voilà un mémo qui pourrait compliquer les célébrations des Fiertés au sein de l’armée. Tous les ans depuis 2011, le Pentagone accueille un événement annuel en juin pour reconnaître la contribution des agents LGBT+ au sein de l’armée, et hisse à cette occasion des drapeaux arc-en-ciel.

«Nous avons été choqué d’apprendre les nouvelles règles. Interdire le drapeau arc-en-ciel produira l’inverse de l’objectif affiché de cohésion. Pour tous les soldats LGBT+, marins, sous-marins, pilotes ou civils qui protègent notre nation tous les jours, ce drapeau est un joyeux symbole d’espoir, d’acceptation et d’accomplissement. Il devrait continuer d’être hissé avec fierté », explique Rudy Coots, président de la DOD Fierté, l’association LGBT+ de l’armée.