Sport

Le parcours du nageur gai Michael Gunning

Collaboration Spéciale
Commentaires

Le nageur britannique et jamaïcain ouvertement homosexuel, Michael Gunning, veut faire bouger les mentalités dans l’un des pays « les plus homophobes» du monde.

Quand Michael Gunning mettait son maillot de bain, alors qu’il était tout jeune sportif, il entendait régulièrement ses camarades dire «les Noirs, ça ne nage pas», des insultes racistes qui ont surtout renforcé sa détermination. 

«Pour moi, c’était une motivation supplémentaire pour leur montrer qu’ils avaient tort et pour intégrer l’équipe du Royaume-Uni, m’éloigner de l’école et de revenir pour leur montrer mes médailles », se rappelle le nageur dans une interview accordée à la Thomson Reuters Fondation. Cette semaine, Michael Gunning aurait certainement été de la cérémonie d’ouverture des JO de Tokyo. Mais la pandémie de coronavirus a empêché la tenue des Jeux. Le nageur ne pourra donc pas battre de nouveaux records.

C’est à 13 ans, qu’il a gagné son premier titre de 200 mètres de nage papillon. Trois ans plus tard, il représentait le Royaume-Uni pour les Championnats d’Europe de nage en eau libre. « J’étais tellement excité que je ne pensais même pas à mon stress à ce moment. Je faisais ce que j’aime et c’était formidable de partir avec l’équipe et de porter le drapeau du Royaume-Uni », se souvient-il.

Le nageur, qui a une double nationalité jamaïcaine et britannique, représente désormais la Jamaïque. En 2017, un attentat à la bombe lors d’un concert d'Ariana Grande à Manchester a coûté la vie à 23 personnes. Michael Gunning faisait partie du public. «Cela m’a fait prendre du recul sur ma vie, cette année, j’ai choisi de nager pour la Jamaïque afin d’inspirer plus de monde et de partager mon histoire », dit-il.

Michael Gunning veut faire bouger des lignes en faveur des LGBT+ : «Le monde change petit à petit. La Jamaïque acceptera les personnes LGBT+ et les lois vont changer. Mais c’est un processus lent et je pense que plus on aura de modèles, meilleur ce sera», espère-t-il. 

Pendant tout le confinement, il s’est entraîné avec Rebecca Adlington (médaillée d’or), les yeux rivés sur 2021. «On a travaillé tellement dur pendant si longtemps... Certes, il y a eu un petit accroc sur la route (avec le report des jeux), mais nous revenons dans un an. Il faut simplement que je reste concentré sur Tokyo 2021», insiste le nageur déterminé.