Pologne

L'Union européenne refuse des subventions à des villes menant une politique homophobe

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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La Commission européenne a décidé de couper les subventions six villes polonaises qui maintiennent une rhétorique et une politique locales homophobes.

La commissaire européenne à l'Egalité Helena Dalli (photo) a montré au cours des sept premiers mois de son mandat à quel point il était important pour elle de traiter les personnes LGBT de manière égale au sein de l'union. 

Elle a annoncé mardi sur Twitter que la Commission avait rejeté six demandes de subvention de communes polonaises dans le cadre d'un programme de jumelage de villes en raison de leur position anti-LGBTI.

«Les valeurs de l'UE et les droits fondamentaux doivent être respectés par les États membres et les institutions étatiques. C'est pourquoi six demandes de jumelage de villes ont été rejetées par les autorités qui ont décidé des résolutions sur les 'zones sans LGBTI' ou le 'droit de la famille'», a-t-elle précisé.

Le commissaire à la Justice Didier Reynders a aujouté que la «discrimination de quelque nature que ce soit» n’était pas acceptée au sein de l'Union européenne. Les «valeurs de l'Union» doivent être maintenues dans tous les programmes de l'UE dans lesquels interviennent des financements communautaires.

Il n'a pas été précisé dans quelles villes polonaises la candidature avait été spécifiquement rejetée. Selon les médias polonais, des dizaines de demandes ont été approuvées dans le même même temps. Le montant de l'UE dépensé pour les jumelages se situe entre 5 et 25.000 euros par commune.

Début juillet, Bruxelles avait demandé des «clarifications» à huit candidats polonais «qui avaient adopté des résolutions 'LGBTI' ou 'Droits de la famille' de nature discriminatoire», a expliqué mercredi un porte-parole de la Commission.

«L'appel à proposition pour le programme de jumelage stipule qu'il doit être accessible à tous les citoyens européens sans aucune forme de discrimination sur la base du genre, de l'origine ethnique, de la religion ou des croyances, du handicap, de l'âge ou de l'orientation sexuelle», a-t-il précisé.

Côté polonais, le ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro, s'est dit «indigné», parlant de «pressions et d'actions illégales» de la part de la Commission européenne.

L'annonce de la Commission européenne a également suscité l'indignation des partisans du gouvernement. Jerzy Kwa?niewski, chef de l'organisation ultra-catholique «Ordo Iuris», s'est plaint de voir la Pologne punie pour avoir fait campagne «pour les familles». Dans un tweet envoyé à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, il a mis en doute la légalité de la décision.

En France, le nouveau Secrétaire d’État chargé des affaires européennes Clément Beaune a dit souhaiter l’instauration d’un système permettant des sanctions économiques à l’égard des pays membres ne respectant les droits des personnes LGBT dans un entretien à France Inter mercredi 29 juillet.