30 ans après Sex Garage

Défendre les droits des personnes de la diversité sexuelle et de genre est un travail qui doit se poursuivre

L'équipe de rédaction
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Le festival Fierté Montréal réitère que la pleine reconnaissance des droits et libertés des personnes de la diversité sexuelle et de genre (DSG) n’est toujours pas atteinte, soulignant qu’il y a seulement 30 ans, la violente descente policière au party Sex Garage devenait le « Stonewall de Montréal ». L’organisation a dévoilé, ce mardi 4 aout, les revendications politiques et sociales qui seront portées lors de l’Édition 360 du festival.

Comme Fugues le rappelait le moins dernier dans son édition numérique, il y a 30 cette année, dans la nuit du 14 juillet, une des descentes policières les plus violentes qu’a connu Montréal se déroulait au party Sex Garage, une soirée inclusive organisée clandestinement afin d’éviter la discrimination. Bien qu’habituées à ce type de raid policier, nos communautés se sont soulevées devant l’extrême brutalité vécue durant cette nuit. Ainsi, le mouvement de protestation s’organise le 15 juillet dans le Village, donnant lieu à un kiss-in pacifique le 16 juillet devant le poste de police du centre-ville de Montréal. Toutefois, l’équipe policière a encore une fois réagi avec violence, attaquant brutalement la foule et en arrêtant plusieurs personnes. 

30 ans plus tard, alors que la situation mondiale est exceptionnellement fragile, Fierté Montréal entend porter et faire réagir quant aux revendications suivantes :

Reconnaissons pleinement l’identité de toute les personnes trans et non-binaires indépendamment de leur âge, citoyenneté ou leur statut parental.

Au Canada, l’identité et l’expression de genre sont protégées par les lois sur les libertés individuelles. Les personnes trans et non-binaires migrantes, mineures et ayant des enfants, sont toujours discriminées par des lois coloniales et oppressives. Les personnes trans et non-binaires ont le plein droit de déterminer elles?mêmes leur identité et expression de genre afin de vivre une vie pleine et épanouie.

Par conséquent, Fierté Montréal demande :

  • au gouvernement du Québec d’amender le code civil afin de permettre aux personnes trans migrantes demeurant au Québec de pouvoir changer leur nom sur les documents officiels.
  • aux entreprises, gouvernements et toutes autres organisations d’avoir conscience du traumatisme qu’endurent les personnes trans lorsque confrontées à leur identité passée.
  • au gouvernement du Québec d’accorder aux parents trans que leur identité véritable soit reflétée sur les certificats de naissance de leurs enfants. 

Cessons de mutiler le corps des personnes intersexes.

Fierté Montréal réitère, à l’instar de l’Organisation des Nations Unies (ONU), que les enfants intersexes sont parfaits comme ils sont, et presse la communauté médicale internationale à cesser de sévir sur les personnes intersexes.

Fierté Montréal rappelle que les mesures à prendre sont claires :

  • Fin des mutilations, stérilisations et traitements hormonaux non consentis sur des personnes intersexes quel que soit leur âge, c’est-à-dire le respect de leur intégrité physique;
  • Pleine information des personnes intersexes et de leur entourage, y compris l’accès à leurs dossiers médicaux;
  • Formation de tout personnel (médical, social, juridique, etc.) en contact avec des personnes intersexes de tous âges et leur entourage;
  • Suppression de la mention de sexe ou de genre à l’état-civil, c’est-à-dire en respect du droit à l’autodétermination des personnes et l’adoption de lois facilitant la modification sur les actes de naissance et d’autres documents officiels.

Répondons à l’appel à l’action afin qu’il y ait justice pour toutes les communautés noires.

Nous reconnaissons que les racines de cette société sont ancrées dans le colonialisme, le racisme et l’oppression, que les bonnes intentions ne suffisent pas, et que les excuses ne valent rien sans changement et sans justice réparatrice.

S’il y a une leçon à tirer de cette pandémie, c’est qu’il est possible pour le gouvernement, pour les institutions et pour nous-mêmes en tant qu’individus, d’agir collectivement et rapidement afin de préserver des vies. Le racisme anti-noir existe également dans nos communautés et nous nous devons de le reconnaitre afin d’y mettre fin.

Fierté Montréal poursuivra les actions entreprises en ce sens :

  • Formations et sensibilisation à l’anti-oppression, à l’interne, afin de décoloniser les espaces.
  • Mise en œuvre de plateformes et de ressources favorisant les voix des communautés.
  • Création d’espaces bienveillants et exclusifs aux communautés.
  • Création d’une nouvelle politique d’inclusion.


Alors que la réflexion et l’introspection sont bénéfiques dans une telle situation, Fierté Montréal tient à encourager et alimenter la réflexion entourant le financement de la police au Québec. En effet, nous croyons qu’un effort doit être placé sur l’exploration des alternatives de redirection de ce financement dans le but de soutenir davantage les communautés vulnérables, dont les personnes de la diversité sexuelle et de genre, et d’encourager l’approche de réduction des méfaits.

Soyons visibles pour celle et ceux qui ne le peuvent pas!

Fierté Montréal réclame la fin des phobies à l’encontre des communautés de la diversité sexuelle et de genre qui sont parrainées par des États à travers le monde. Personne n’a à subir l’emprisonnement, la violence ou la mort en raison de qui ils sont ou de qui ils aiment. Nous demandons au gouvernement du Canada de poursuivre ses actions afin d’assurer que sa politique étrangère milite en faveur de la défense des droits de nos pair.e.s, particulièrement dans les pays où l’homophobie et la transphobie sont mises de l’avant par l’État lui?même.

Reconnaissons, agissons et devenons de meilleur.e.s allié.e.s pour soutenir la cause des femmes, filles  et personnes bispirituelles assassiné.e.s et porté.e.s disparu.e.s  

Depuis l’ère de la colonisation, en passant par les atrocités vécues dans les pensionnats, ce qui est arrivé et qui arrive encore aux personnes autochtones du Canada, équivaut à un génocide. Nous soutenons et réitérons tous les appels à la justice contenus dans le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, dont :

  • Déposer et mettre en œuvre un Plan national d’action pour répondre aux problèmes décrits dans le rapport.
  • S’assurer d’accorder la priorité et les ressources adéquates aux mesures requises pour éliminer la marginalisation sociale, économique, culturelle et politique des femmes, des filles et des personnes autochtones de la diversité sexuelle et de genre, dans le cadre de l’élaboration de budgets et de la détermination des priorités et des ressources.
  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir, enquêter, rendre justice et indemniser les personnes ciblées pour les gestes de violence à l’égard des femmes, des filles et des personnes autochtones faisant partie de la diversité sexuelle et de genre.
  • Créer un poste d’ombudsman national des droits des Autochtones et des droits de la personne, avec autorité dans tous les domaines de compétence, et mettre sur pied un tribunal national des droits des Autochtones et des droits de la personne.

Pandémie, isolement et discrimination

Fierté Montréal souhaite également attirer l’attention sur les conséquences de la pandémie sur la santé des personnes de la diversité sexuelle et de genre. Effectivement, la pandémie a eu des effets néfastes sur plusieurs, dont particulièrement l’isolement et la hausse de la discrimination vécue. Le retrait pour plusieurs d’entre nous du milieu soutenant, souvent référé comme la « famille choisie », a grandement collaboré à l’isolement social et à la solitude. L’affluence de la discrimination propagée sur les réseaux sociaux, que nous fréquentons davantage en ces temps particuliers, nourrit quotidiennement la haine envers nos communautés. Aussi, le mouvement de dénonciations d’inconduites met la lumière sur des situations où les victimes de nos communautés sont grandement représentées.

 

« Pour l’Édition 360 du festival Fierté Montréal, nous invitons bien sûr la population à en apprendre davantage sur les revendications placées de l’avant cette année et de voir comment elle peut y contribuer. Toutefois, en ces temps difficiles et hors du commun, nous souhaitons également pour toute personne de nos communautés de prendre soin de soi, d’être à l’écoute de ses besoins et surtout, de ne pas hésiter à se référer à des ressources aidantes au besoin. Notre festival se voudra être un grand message d’amour et de compassion pour nos pair.e.s. Malgré l’adversité, nous sommes ensemble avec Fierté! » mentionne Éric Pineault, président fondateur du festival.

Rappellons que depuis 2007, à l’initiative des communautés LGBTQ+ montréalaises, le festival Fierté Montréal met de l’avant leurs droits et en célèbre la richesse culturelle et les avancées sociales. Ce grand rassemblement des personnes de la diversité sexuelle et de genre de la francophonie travaille localement au quotidien et sert de phare d’espoir pour les personnes vivant en terrains hostiles à nos communautés. 

 

2020, les festivités se tiendront du 10 au 16 août. 

 

Plus de renseignements sont disponibles dans l’édition d’août de Fugues et sur le site internet à l’onglet FIERTÉ de la section ACTUS, ainsi que sur la page web, de FIERTÉ MONTRÉAL, sa page Facebook, ainsi que sur ses comptes Twitter et Instagram.