L’édition 360 de FIERTÉ MONTRÉAL : porte-parole

Sandy Duperval : Conjuguer fièrement sa voix

Julie Vaillancourt
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Celle qui s’est fait connaitre de tout le Québec, en participant à la deuxième mouture de Star Académie, fera sa marque dans la communauté LGBTQ+ montréalaise, notamment derrière les platines du Unity, avant d’entamer une carrière avec des collaborateurs à l’international, mais aussi de devenir la voix de Fierté Montréal, à titre de porte-parole. 

Depuis plusieurs années déjà, Sandy Duperval s’implique auprès de Fierté Montréal, ce qu’elle renouvelle fièrement, cette année : « Pour moi, ç’a été un cheminement enrichissant. Je n’ai jamais imaginé qu’en plus de faire mon coming-out, j’allais être aussi impliquée. Je pense que c’est aussi le sens de la responsabilité, car je sais qu’il y a des gens avant moi qui ont tracé le chemin. Pour moi, c’est une façon de remercier, continuer à faire avancer les choses », explique celle qui n’a pas hésité à retourner sur les bancs d’école. « Je suis retournée à l’école en gestion et j’ai suivi un cours sur la diversité sexuelle et de genre; ça m’a fait découvrir l’histoire des différents pionniers, de Stonewall… On se réunit dans le cadre de Fierté Montréal, mais chaque jour il y a des défis, des organisations concentrées sur les réalités de chaque groupe. Ça m’a fait réfléchir. Je connais ma réalité, ce qui se passe pour les noirs, mais j’avais l’impression de ne pas en connaitre assez sur les autres réalités, donc ça m’a vraiment motivé à m’éduquer, comprendre les dynamiques sociales, pour relayer le message et faire avancer les choses. »

Parlant de mouvement et de message, celui de #blacklivesmatters porté par ses cofondatrices Patrisse Khan-Cullors, Alicia Garza, Opal Tometi, qui sont des femmes afro-américaines (s’identifiant, selon le cas, comme queer ou féministe transnationale), on constate qu’il y a un lien entre les mouvements Black Lives Matters, queer et féministe, dans une perspective intersectionnelle et inclusive. À titre de porte-parole et de par le contexte d’actualité, Sandy désire nécessairement relayer l’information : « Je réalise qu’il y a beaucoup de gens, même à l’intérieur des communautés noires, qui ne connaissent pas l’histoire du mouvement, qui ne savent pas que derrière ce mouvement il y a trois femmes noires, dont une queer », explique Sandy, qui cite ensuite un commentaire d’un néophyte sur Facebook : « Il y a des gens qui se sentent offensés qu’on associe le combat LGBTQ+ à celui des noirs, sans comprendre que l’histoire les unit. Je trouve ça dommage, mais en même temps éduquer les gens, ça prend du temps et en tant que porte-parole j’ai le privilège de parler de ces expériences. Le droit des noirs, c’est le droit humain. À la fin de la journée, quand on unit nos voix, c’est plus efficace, car ce sont plusieurs minorités marginalisées qui décident de s’unir pour avoir plus d’impact, pour que le changement puisse arriver plus rapidement. »

Si nous avons l’habitude de voir Sandy aux platines, chanter ou animer lors de la Fierté, cette édition virtuelle - COVID19 oblige - l’amène à prendre part aux évènements différemment. Elle sera de l’évènement de clôture, du dimanche 16 août, en chansons et en animation. « À travers les différentes plateformes, télé, web et radio, j’aurai l’occasion d’interagir et de présenter les différents artistes », explique Sandy qui n’hésite pas à souligner la pertinence d’un tel évènement, même s’il n’investit pas l’espace public, tel un défilé : « Malgré le fait qu’on n’aura pas d’évènement physique, on espère pouvoir toucher encore plus de personnes. C’est aussi une façon d’utiliser ces plateformes comme vitrines pour parler des différents défis des communautés LGBTQ+ ». 

D’ailleurs, sachant que les séries web et télé ont la côte depuis ces dernières années, Sandy (qui a notamment perfectionnée sa cuisine avec sa conjointe qui est chef), pense peut-être nous offrir quelque chose à se mettre sous la dent : « Je ne sais pas encore, [au moment de faire l’entrevue, il n’y a rien d’officiel dans le cadre de la programmation de Fierté]. Par contre, ma conjointe et moi on parle beaucoup de faire un vlog… », conclut celle qui aimerait définitivement inclure cette entrée au menu. Une façon de boucler la boucle pour celle qui a fait ses premières armes, jadis, en travaillant au feu Café Européen dans le Village. 

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