États-Unis / Présidentielle 2020

Joe Biden choisit une sénatrice gay-friendly comme colistière

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a annoncé mardi avoir choisi la sénatrice noire Kamala Harris, 55 ans, pour défier avec lui Donald Trump dans les urnes le 3 novembre. Les organisations LGBT salue une alliée de la commanauté. 

Kamala Harris, actuellement sénatrice de Californie, devient la première femme noire à figurer sur le ticket présidentiel d'un grand parti américain. Elle est une ancienne rivale de Joe Biden lors de la primaire démocrate, mais en mars elle a approuvé cette désignation affirmant qu'elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour assurer son élection à la présidence.

Fille d'immigrés jamaïcain et indienne, Kamala Harris, qui a fait ses études secondaires à Westmount, sur l’Île de Montréal, accumule les titres de pionnière. Après deux mandats de procureure à San Francisco (2004-2011), elle avait été élue, deux fois, procureure générale de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de l'État le plus peuplé du pays. Puis en janvier 2017, elle avait prêté serment au Sénat à Washington, s'inscrivant comme la première femme originaire d'Asie du Sud et seulement la seconde sénatrice noire dans l'histoire américaine.

Candidate à la primaire démocrate, elle avait jeté l'éponge avant même le premier scrutin, en décembre. 

Kamala Harris a une longue et solide réputation de soutien aux droits LGBT. Au début de sa carrière en tant que procureur en 2004, lorsque le maire de San Francisco, l'actuel gouverneur de Californie Gavin Newsom, a ouvert le mariage aux gays et lesbiennes, elle a été l'une de ses soutiens et a même célébré des mariages. À cette époque, une nette majorité de la population américaine s'était prononcée contre l'égalité dans le droit du mariage. Dans sa campagne pour l'élection du procureur général, elle s'est opposée à la «proposition 8», le référendum qui a révoqué le droit au mariage des gays et des lesbiennes en 2008. 

Ses positions en matière de droits des trans, en revanche, sont plus discutables: en tant que procureure générale, elle a fait campagne pour que les détenus se voient refuser le changement de sexe. Elle a déclaré plus tard qu'elle n'exerçait que ses fonctions de procureur général et défendait l'agence d'application de la loi de Californie. Aujourd'hui, elle affirme qu'elle est pleinement engagée en faveur des droits des trans.

Au cours de sa courte candidature à la primaire démocrate, elle a déclaré qu'elle ferait pression pour l'adoption de la loi sur l'égalité, rétablirait les décrets du président Obama interdisant la discrimination anti-LGBT dans les programmes financés par le gouvernement fédéral, et annulerait l'interdiction des trans dans l'armée. 

Les organisations LGBT ont salué sa désignation: «Le sénatrice Harris est une combattante éprouvée de l'égalité, la sécurité et la justice pour tous», a déclaré la présidente de GLAAD. Elle est donc l'antithèse de l'actuel vice-président Mike Pence, connu pour ses positions homophobes. «Harris est un choix extraordinaire pour être vice-président», a ajouté Alphonso David, de Human Rights Campain. «Tout au long de sa carrière révolutionnaire, elle a fait campagne pour les droits des LGBTQ et a été à nos côtés - même lorsque certains de ses amis du parti étaient contre nous.» Il fait allusion à leur soutien au mariage pour tous, qui en 2004 n'était pas majoritaire, même parmi les démocrates.

Certaines stars ont également réagi favorablement à cette désignation: le patineur artistique gai Adam Rippon, qui avait durement attaqué le vice-président homophobe Mike Pence dans le passé, a déclaré qu'il avait hâte de voter pour Biden/Harris.