Présidentielle américaine / Bilan

La campagne Trump pour dépénaliser l’homosexualité est une imposture, selon les militants LGBT

La campagne officiellement décrétée par l’administration Trump en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité dans le monde n’est rien rien d'autre qu'un «rideau de fumée» ou un «tissu de mensonges», estiment les militants des droits LGBT alors que les partisans du président américain le présentent comme le «président le plus gay-friendly de toute l'histoire des Etats-Unis».

Cette initiative internationale avait été annoncée en février 2019 par l’ambassadeur à Berlin ouvertement gay de Trump, Richard Grenell. Il l’a citée en exemple lors de la Convention nationale républicaine pour tenter de dresser un bilan positif du président sortant sur les questions LGBT.

Mais les militants des droits LGBT contestent l'efficience de cette politique. Un an et demi après son lancement aucin progrès en faveur des droits LGBT à l’étranger n'est à mettre à l'actif de ce programme.

Julie Dorf, conseillère principale au Council for Global Equality, a résumé la prétendue campagne à un "simulacre" tandis que Jessica Stern, directrice exécutive d’OutRight Action International, affirme n'être au courant "d’aucune avancée majeure de la campagne de Richard Grenell pour dépénaliser l’homosexualité".

"La campagne de décriminalisation est de la fumée", considère pour sa part Graeme Reid, directeur du programme des droits des LGBT à Human Rights Watch. Il dénonce cette initiative comme un moyen de détourner l’attention du recul persistant des protections LGBT aux Etats-Unis.

"La réalité est que l’administration Trump a constamment sapé les droits des LGBT aux niveaux national et international, et la campagne est utilisée pour détourner l’attention des gens de cela", a-t-il déclaré.

Interrogé lors d’une session de l’ONU en décembre 2019, Grenell avait expliqué que les retards de résultats de cette politique étaient dus aux problèmes logistiques liés au travail avec autant de pays. 

Quant à Donald Trump lui-même, il semble tout bonnement n’être pas vraiment au courant de l'état de cette politique pourtant engagée en son nom. Interrogé par un journaliste à ce sujet en février 2019, il lui a demandé de répéter la question avant de répondre: "Je ne sais pas de quel rapport vous parlez. Nous avons de nombreux rapports".