Place au Village

Été d’incidents dans le village et espérance de jours meilleurs pour le parc de l’espoir

André-Constantin Passiour
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Fugues
Photo prise par © Fugues
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Incidents, hurlements, chicanes, batailles menant à des coups et blessures et même tentative de meurtre, l’été aura été chaud sur Sainte-Catherine et particulièrement pour les riverains du parc de l’Espoir où plusieurs de ces incidents s’y sont tenus. Comme si que cela n’était pas suffisant, au moins six terrasses ont été vandalisées dans la nuit du 12 au 13 août. Par ailleurs, un communiqué émis le 13 août par l’arrondissement Ville-Marie, informait les citoyens que les travaux de réfection du parc de l’Espoir «débuteront dans les prochains jours pour se terminer à l’automne de 2021».

Dès le départ, il est bon de souligner qu’en raison d’un décès dans sa famille, nous n’avons pas pu rejoindre le conseiller du district de Saint-Jacques, Robert Beaudry, qui vient de perdre son père, le 16 août dernier. Toute l’équipe de Fugues en profite d’ailleurs pour offrir au conseiller et à sa famille nos sincères et plus profondes condoléances.
 
Fugues a pu recueillir les commentaires de citoyens qui se plaignent constamment du bruit et des incivilités.  De sa fenêtre, Paul Haince, président fondateur du festival Mtl en Arts, a une vue plutôt «prenable» sur le parc de l’Espoir et l’intersection Sainte-Catherine et Panet.
 
«Vente de drogue, itinérance, prostitution, c’est ce qu’on voit au parc de l’Espoir. J’ai été moi-même victime d’une agression qui, une chance, n’a pas été trop loin, puisque l’homme en question avait un couteau alors que j’étais là à discuter tranquillement avec des amis dans le parc. […] Le soir, c’est encore pire que durant le jour […]», commente-t-il. À la fin juillet, durant trois soirs d’affilée, on enregistrait bataille, agression armée et tentative de meurtre. «Il y a des soirs que ce n’est plus vivable», renchérit Paul Haince. Résidant au sud du parc et près de la rue Sainte-Rose, Gaston en voit de toutes les couleurs. «Ça hurle, ça crie, il y a de la vente et de la consommation de drogues, ça vire en chicanes. Il règne un climat presque perpétuel d’agressivité. On nous dit d’appeler le 911, mais la police semble débordée», affirme ce riverain qui habite le secteur depuis 1986. «En fait d’incidents et d’un tel climat de crainte, je crois que c’est la pire année à date», affirme Gaston. «C’est malheureux, mais il manque de l’hébergement pour des gens ayant des problèmes mentaux; un hébergement avec du suivi et ce n’est pas d’hier. Donc, à un certain moment, il faudra bien faire quelque chose pour ne pas que cela s’envenime encore plus», indique Paul Haince. «Heureusement qu’avec les travaux au parc [de l’Espoir], cela atténuera un peu tous ces événements. Du moins, je l’espère sincèrement […]», ajoute-il.
 
En marchant dans la rue, nous avons rencontré Danny Jobin, le copropriétaire du District Vidéo Lounge et du Club Date, en train d’accrocher des décorations à sa terrasse pour dynamiser un peu le coin puisque la Fierté n’était que virtuelle cette année. «Il n’y a pas un jour où il n’y a pas un incident [sur Sainte-Catherine]. C’est continuel cet été. Il se passe toujours quelque chose», souligne-t-il.
 
«Il y a de plus en plus de gangs de rue qui prennent le contrôle sur le territoire et la vente de drogues, croit Régis Ménétrey, de La Mie matinale. On le voit bien, on n’est pas aveugle. Il y a continuellement des problèmes sur Sainte-Catherine. Si on dénonce trop, eh bien, ils vous cassent les vitres comme cela m’est arrivé déjà deux fois par le passé.»
 
Si plusieurs incidents y ont eu lieu, on a tout de même reçu la bonne nouvelle des travaux. «Je suis très satisfait du nouvel aménagement qui verra le jour au parc de l'Espoir. Le parc de l'Espoir est plus qu'un parc. C'est un véritable monument à la mémoire des victimes du VIH/sida, un lieu de recueillement et de rassemblement», a indiqué par communiqué Robert Beaudry.  «À la suite de plusieurs échanges fructueux avec les divers organismes et riverains, entre autres avec trois des quatre co-fondateurs, Michael Hendricks, René LeBœuf et Roger LeClerc, nous avons pu développer un nouvel aménagement qui conserve les éléments  distinctifs du parc dans une volonté de respecter la  mémoire du lieu, tout en le rendant plus accessible et plus vert. Le réaménagement du parc contribuera  certainement à consolider l'avenir du Village.»
 
Remise à neuf du parc, élargissement des trottoirs, mise sur un seul niveau de l’espace, augmentation du couvert végétal et de la canopée afin de diminuer les îlots de chaleur (de nouvelles zones de plantations seront créées dans des saillies et la superficie verte passera à 238m2 par rapport aux 55m2 actuels et un mur végétal sera  implanté entre le parc et les bâtiments adjacents), ajout de zones de plantations, et «matérialiser le ruban rouge, symbole universel de la lutte contre le sida, à travers le site dans les aménagements au sol et avec un banc en ellipse qui émergera du ruban rouge, renforcer l'aspect commémoratif par le retrait de la base de béton des mâts afin de faciliter la circulation et l'accrochage de rubans commémoratifs; implantation d'une nouvelle plaque commémorative à la mémoire des personnes mortes du sida au Québec», tels seront les transformations que subiront cet endroit au cours des prochains mois.
 
«Nous travaillons sans relâche pour proposer, sur Sainte-Catherine Est, l'expérience d'un quartier vibrant et pour en faire une destination LGBTQ+ unique au monde. Nous sommes ravis de voir le parc de  l'Espoir s'ouvrir aux passant.es qui seront conscientisé.es encore  davantage aux enjeux du VIH/sida, le tout dans un design contemporain et fleuri», a souligné Yannick Brouillette, directeur général de la Société de développement commercial du Village.