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Après une 1ère saison réussie, Drag Race Canada couronne sa 1ère gagnante!

Sébastien Thibert
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La première saison de Drag Race Canada s’est terminée la semaine dernière. Les trois juges de l’émission, Brooke Lynn Hytes (finaliste de la saison 11 de RuPaul’s Drag Race), la mannequin Stacey MacKenzie et le comédien Jeffrey Bowyer-Chapman devaient choisir la gagnante parmi les trois finalistes: Priyanka, Scarlett Bobo et Rita Baga, la seule francophone des trois.

« What’s my name? »
Quel est le nom de la gagnante? Priyanka! Agée de 29 ans, Priyanka, qui se prénomme Mark dans le civil, vit à Toronto. Elle ne fait du drag que depuis deux ans. Par comparaison, ses deux concurrentes exercent leur art depuis plus de 10 ans. De son parcours, on retiendra ses hauts (deux défis gagnés) et ses bas (parmi lesquels son Snatch Game totalement raté), des lipsyncs mémorables et surtout une énergie et un humour vriament contagieux. Sa phrase fétiche, la question « What’s my name? » (« Quel est mon nom? »), suivie de « Priyanka! », est destinée à exprimer sa fierté d’être d’origine indo-guyanaise et à servir de modèle aux gars sensibles qui lui ressemblent et qui regardent l’émission.

Il s’agit sans doute d’une grosse déception pour Rita Baga, qui a longtemps fait figure de favorite tant pour les juges que pour le public avec ses trois victoires dans des maxi-challenges. Hélas, la talentueuse drag montréalaises, qui anime notamment les excellentes soirées Bagalicious au Cabaret Mado — et dont l’alter-égo est accessoirement directeur de la programmation à Fierté Montréal —, a été stoppée dans son élan lors des derniers épisodes, où elle s’est retrouvée à devoir lipsyncher deux fois de suite — révélant au passage un vrai talent dans ce domaine, en particulier dans l’émotion exprimée.

Une saison réussie
Au final, cette première édition de Canada’s Drag Race est une belle réussite, en grande partie grâce à un distribution qui a permis de découvrir de belles personnalités, comme la clownesque Jimbo ou Lemon, qui aura marqué la saison avec quelques expressions déjà entrés dans la légende (« You talk about sex a lot. But the only thing you’re fucking… is stupid », a-t-elle lancé à Priyanka, dans le célèbre défi de la « Library »).

Seul bémol de cette saison : les juges invités n’ont pas tous été à la hauteur ni très naturels. La petite nouveauté consistant à laisser le ou la juge invité.e ouvrir la dernière séquence de l’émission est parue souvent trop peu naturelle et parfois même bien embarrassante. 

Le manque d’expérience de Jeffrey Bowyer-Chapman qui a fait montre à quelques occasions de maladresses à l’encontre de certaines candidates lui ont même valu un torrent de critiques sur les réseaux sociaux, le contraignant à quitter Twitter. Il ne faudrait quand même pas exagérer et rester indulgent toutefois: les écarts dont il a fait montre ne sont pas épouvantables. 

Espérons que pour sa deuxième saison Canada’s Drag Race saura davantage affirmer son identité et s’émanciper de la version américaine et du style RuPaul qui avait une présence accessoire et préenregistrée qui manquait de naturel.

En attendant une seconde saison qu’il est presque assuré de voir étant donné les côtes d’écoute excellentes, vous pourrez bientôt découvrir la version néerlandaise: Drag Race Holland sera diffusé à partir du 18 septembre…