Où sont les lesbiennes

La saison morte

Julie Vaillancourt
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Fugues
Photo prise par © Fugues

Sans aucun jeu de mots, aucun, nous nous apprêtons à entrer dans la saison morte. En ces temps plus frais, où les feuilles tombent lentement des arbres, nos appréhensions vis-à-vis de la pandémie vont elles se dissiper avec l’automne qui se dessine?

 
À n’en point douter, mes interrogations, ou plutôt mes réflexions n’ont guère de réponses au moment d’écrire ces lignes. L’incertitude est devenue notre ligne de pensée depuis quelques mois… Personnellement, l’automne n’est pas ma saison préférée. Fille d’extrêmes, j’aime la chaleur de l’été et la froideur de l’hiver, alors que je ne vois l’automne et le printemps que comme des saisons transitoires. Quoi qu’il en soit, ce que j’apprécie plus particulièrement de l’automne, c’est l’Halloween! Je sais, vous devez vous dire que je suis malheureuse depuis que je n’ai plus 9 ans, car c’est pour les enfants… Cela dit, je suis de celles qui ont le cœur jeune et qui passent encore l’Halloween – avec, ou sans enfants! (J’ai déjà écrit une chronique sur le sujet, que je vous invite à lire, si cela vous intéresse…)
 
Enfin, tout ça pour dire que l’an dernier, la mairesse Plante s’était un peu planté sur le report de l’Halloween, comme une quarantaine de maires et de mairesses de municipalités du Québec, ayant décidé de déplacer la cueillette de bonbons au lendemain, soit le 1er novembre, puisque la température était plus clémente et moins pluvieuse. Personnellement, j’ai passé l’Halloween plusieurs fois en étant mouillé, à divers âges, petite, ado, adulte et j’ai survécu. Nous ne sommes pas faits en chocolat! À cela, avait succédé des blagues du genre: Si y’a pas de neige à Noël, faut-il reporter au 27 décembre, parce que la température sera plus féérique? Si y’a du verglas le 31 décembre, est-ce qu’il faut fêter le Nouvel An le 5 janvier, quand tout sera fondu? Perso, je trouve cela très ridicule. IMAGINEZ, donc, le scénario de cette année… Faudra-t-il reporter l’Halloween à l’an prochain, parce que tout le monde devra porter le masque et que ça va «gâcher» le costume de Cendrillon? Et que dire de Batman qui aura l’air d’un paramédical suffoquant sous deux masques? (Mes choix de héros - hétéronormatifs, genrés et clichés - font partie de ma critique sociale) Faudra-t-il que la personne qui donne des bonbons mette son masque, même si elle est techniquement à l’intérieur de sa maison, pour éviter de propager ses gouttelettes en scandant «Joyeuse Halloween!» Faudra-t-il qu’on se limite de sonner aux portes pour éviter la propagation? Faudra-t-il que chaque personne qui ouvre sa porte la désinfecte au Purell entre chaque «cognage» ou «sonnage» ? Faudra-t-il que les parents lavent à l’eau savonneuse chaque maudit petit bonbon donné par un étranger potentiellement asymptomatique, avant que son enfant (ou plus rarement l’adulte) puisse joyeusement toucher – et éventuellement manger- ses petits bonbons d’Halloween? Rebaptisons tout de suite l’Halloween: «Joyeux Calvaire!»
 
Je sens gros comme une maison que la mairesse Plante, comme tous les autres maires et mairesses des villes du Québec, vont devoir émettre un pamphlet énonçant les mesures émises par la Santé publique sur «comment passer l’Halloween en temps de COVID19»… Sinon, elle sera tout simplement reportée… à l’an prochain! Quoi qu’il en soit, depuis quelques années déjà, les gens déambulant de maison en maison se font de plus en plus rares, au même titre que ceux qui ouvrent leurs portes aux passants pour donner des friandises… Bref, cette année, est-ce que la COVID19 donnera le coup 
de mort à l’Halloween? Mon cœur d’enfant espère 
que non…
 
L’automne, à Montréal, c’est aussi depuis quelques années, la saison des festivals de cinéma. Dans ma chronique du mois dernier, je pleurais sur l’avenir des salles de cinéma. Certes, si cette expérience unique est, cette année, une avenue peu explorée par les festivals de cinéma, ces derniers se tournent vers l’expérience virtuelle. À commencer par la 33e édition d’Image + Nation, qui aura un soft opening le 31 octobre avant de se tenir en novembre. D’autres festivals optent également pour une formule virtuelle, mentionnons le Festival international du Film Black de Montréal (24 septembre au 4 octobre), sans oublier le Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, du 7 au 18 octobre. Si l’initiative d’un festival de cinéma sur le web est populaire en temps de pandémie, elle n’est pourtant pas nouvelle. Par exemple, le Festival Plein(s) Écran(s), premier festival de cinéma au monde se déroulant entièrement sur Facebook, célèbrera ses 5 ans en janvier prochain. Cette initiative québécoise semblait déjà annoncer une nouvelle façon de consommer le cinéma. Et en ce qui concerne les bonbons d’Halloween, je me demande encore si nous trouverons une nouvelle façon de les consommer, mais surtout de les récolter! À suivre…