Patsy Gallant Ma vie en technicolor

Une déclaration d'amour sans faux semblant

André-Constantin Passiour
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Fugues
Photo prise par © Fugues
Interprète magistrale, diva flamboyante, sex-symbol, pleine d'humour et amoureuse passionnée, Patsy Gallant occupe avec panache le devant de la scène culturelle québécoise depuis plus de soixante-cinq ans. Lorsqu’on lui parle, il ne semble pas qu’elle a 73 ans. Pourtant, c’est bien l’âge de la chanteuse qui depuis sa tendre enfance monte sur les planches. Infatigable, Patsy Gallant a œuvré avec certains des plus grands noms de la chanson. Malgré un emploi du temps chargé, elle a trouvé un moment pour nous 
accorder une entrevue à l’occasion de la sortie de son autobiographie : Patsy Gallant Ma vie en technicolor.
 

Pour les avoir fredonnées ou pour avoir dansé au rythme de ces chansons dynamiques, les plus vieux d’entre vous se souviennent de Sugar Daddy ou de From New York to L.A. qui ont consacrée Patsy Gallant reine du disco. D’autres se rappelleront de Cœur de velours… Dans son autobiographie qui vient de paraître, Ma vie en technicolor, elle évoque aussi les souvenirs liés au fameux Patsy Gallant Show, à ses prestations inoubliables sur scène, aux rencontres qui ont changé sa vie de même que son éblouissante incarnation de Stella Spotlight dans Starmania.
 
On oublie un peu aujourd’hui, que Patsy Gallant, jeune débutante, a fait la première partie d’artistes tels que Petula Clark, Charles Aznavour ou encore James Brown. «James Brown était mon idole, c’était extraordinaire pour moi. Le plus drôle est que tout le monde s’attendait à voir une femme noire, mais j’étais blanche devant une salle remplie d’Afro-Américains qui se demandaient qu’est-ce que je faisais là ? Puis, James Brown est arrivé sur scène en chantant Get On Up for Patsy Gallant et là toute la salle a applaudi ! C’était incroyable», se remémore la chanteuse.
 
«Mon livre est drôle et touchant. Il y a plein d’anecdotes. Je l’ai dédié à ma maman qui a eu une vie très dure. On ne se le cachera pas, on était très pauvre, la vie était très difficile à l’époque, mais ma mère faisait tout : nos costumes, elle était notre gérante, etc. c’est grâce à elle que mes sœurs et moi (les Gallant Sisters, à Moncton) on a fait de la musique et de la chanson», souligne Patsy Gallant.
 
Patsy Gallant a incarné sur scène plusieurs grands personnages comme Piaf ou de la prima donna tourmentée Stella Spotlight dans la version française de Starmania, de Luc Plamondon (qui signe la préface du livre) et livré d’innombrables performances à travers les décennies. Le livre revient sur toutes les périodes de sa vie, y compris les moments moins joyeux. «Dans les années 1980, il y a eu de grands changements dans ma vie. Cela a été une période difficile parce que j’étais une mère monoparentale avec un enfant de cinq ans […]», note cette native de Campbellton au Nouveau-Brunswick.
 
Patsy Gallant a à son actif 13 albums et trois compilations ainsi que dix quarante-cinq tours. Elle fait partie, également, de la Tournée des idoles, aux côtés des Michèle Richard, Gilles Girard (de l’ancien groupe Les Classels), Jean Nichol, etc.
 
Patsy Gallant a toujours eu une connection spéciale avec la communauté gaie. «J’aime ce public, souligne-t-elle. Je ne sais pas pourquoi j’ai une si vive connection, peut-être c’est à cause de mon image de diva, de ma joie de vivre, parce que je fais danser les gens avec des chansons entraînantes, de ma musique. Ce sont des gens sensibles et qui sentent aussi ma grande sensibilité. Je suis quelqu’un de passionnée qui ne peut pas vivre sans cette passion.»
 
«Je veux que les gens sachent que je ne fais pas un livre pour faire de l’argent. Je l’ai écrit pour inspirer les gens qui rêvent encore que tout est possible, même à mon âge. C’est un message d’espoir aux femmes, qu’elles puissent vivre leur vie pleinement et croire encore en l’amour, que ce n’est pas parce qu’on a 70 ans qu’on ne peut pas accomplir des choses, qu’on ne peut pas se battre, qu’on n’a pas d’énergie ou de passion, etc. Je le dédie aussi aux femmes qui ont été victimes de violence et qu’elles puissent s’en sortir.» 
 
INFOS | Patsy Gallant Ma vie en technicolor, de Patsy Gallan, Éditions La 
Semaine, 256 pages, disponible en librairie dès le 30 septembre.