Covid-19

La seconde vague est là et les bars écopent à nouveau

Yves Lafontaine
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Photo prise par © Bar le Cocktail

«C'est catastrophique», se désespère Luc Généreux. Comme tous les bars du Village et de la région du Grand Montréal et de Québec, son bar Le Cocktail, dont il est co-propriétaire avec Michel Dorion, situé rue Sainte-Catherine à deux pas de la rue Papineau, va devoir fermer ses portes dès mercredi soir pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Accompagné du ministre de la santé et du directeur la Santé publique du Québec, le Premier ministre François Legault a en effet annoncé, le lundi 28 septembre, la fermeture de tous les bars, salles de spectacles et des restaurants (qui devront se limiter à accepter les commandes pour apporter ou à livrer), et ce, dès mercredi soir. Le premier ministre a expliqué que les régions de métropole et de la capitale, ainsi que la région de Chaudière-Appalache passaient en zone rouge, donc qu’elles étaient en alerte maximale.

Ces territoires présentent un taux d'incidence bien supérieur au taux de 50 cas actifs confirmés de coronavirus pour 100 000 habitants : le taux est de 112 pour la Capitale, 94 pour la région de Montréal et 77 pour la région de Chaudière-Appalache. Et la majorité des autres régions du Québec se situe en haut du taux de 25 cas actifs confirmés pour 100 000 habitants. 

Bien que la situation est pire dans plusieurs régions des États-Unis et en Europe (dont en France, au Portugal, en Grande-Bretagne, en Espagne, ou les taux dépassent 250 cas actifs pour 100 000 habitants), elle est bien meilleure dans la majorité des autres provinces canadiennes.

Une partie du problème semble résider dans la difficulté de retracer les personnes mises en contact avec chacun des nouveaux cas confirmés. La COVID étant une maladie à déclaration obligatoire, une enquête est effectuée pour retracer et tester toutes les personnes ayant été en contact avec chacun d’eux. Malheureusement un nombre important de personnes (officieusement on parle de 25 à 30% des gens) ne collaborent pas vraiment à ces enquêtes et il devient difficile de circonscrire la propagation aussi rapidement qu’on voudrait le faire.

La mesure, même si elle se limite — pour l'instant — à 28 jours, tombe comme un couperet pour les restaurants qui devront se limiter à prendre des commandes à livrer ou à emporter, mais surtout pour les bars qui ont été les derniers à pouvoir rouvrir en juillet. «Je ne sais pas comment réagir. On ne peut pas ignorer la situation sanitaire, mais c'est quasiment un arrêt de mort pour bien des établissements», lâche Luc Généreux. «Ça ne sera pas facile, mais on garde espoir. Le gouvernement a annoncé qu’il viendrait en aide aux bars. On verra quelle forme ça prendra. Il ne faudrait que cette aide gouvernementale prenne trop de temps à arriver.»

Les semaines de fermeture du confinement ont déjà considérablement fragilisé bon nombre d'établissements. «Nous sommes encore en convalescence et on nous demande encore de faire plus que notre part… Nous avons appliqué à la lettre toutes les recommandations et mesures sanitaires dans le bar, comme la majorité des établissements. Si je ne me trompe pas, on ne dénombre pas d’éclosion dans la majorité des bars. C’est le fait de cas isolés. Et, dans ces cas, les commerces ferment le temps que la situation soit remédiée.»

Cette fermeture d'un secteur si névralgique au tissu social des communauté LGBTQ présente un risque économique immense, mais également pour l'équilibre mental de bien des gens qui se retrouveront encore une fois isolés.

L'équilibre est précaire entre santé publique, santé économique et santé mentale. Espérons qu'on fait les bons choix comme individus et comme société.