YELLE ET L'ÈRE DU VERSEAU

Un nouvel album pop qui fait bouger

Denis-Daniel Boullé
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Fugues
Photo prise par © Fugues
Le plus réçent album de Yelle, L'ère du Verseau, est sorti le 4 septembre dernier. Et on peut déjà visionner sur Youtube de très beaux clips de quelques chansons de cet album, dont Je t'aime encore, Karaté et J'veux un chien.
 
 
Derrière ce nom, Yelle, se cachent la chanteuse Julie Budet, et plus caché encore son conjoint Jean-François Perrier, dit GrandMarnier. Depuis 2005, ils se sont fait reconnaître et appréciés aussi bien sur la scène française qu'internationale, avec des chansons qui s'inspirent de la pop des années 80 et font bouger. 
 
Une inspiration provenant d'une époque que les deux artistes n'ont pas connue mais avec les influences des musiques d'aujourd'hui. Des textes décalés pour parler de nos réalités, parfois provocantes, parfois humoristiques, parfois simplement touchantes. Et bien entendu en phase avec les défis auxquels nous sommes tous confrontés. Leur premier opus, Parle à ma main, avait donné le ton entre autres avec la dénonciation du machisme et déjà un jeu sur le genre.  Rejoins à St-Brieuc en Bretagne, le port d'attache de Yelle, Julie et son conjoint prennent leur mal en patience pendant cette période de lieux de spectacles fermés, ayant reporté leur tournée, comme leur passage à Montréal, ville qu'ils connaissent bien puisqu’ils ont déjà participé entre autres aux Francofolies. «On y est allé plusieurs fois pour jouer, pour enregistrer, avance Julie Budet. On s'y sent rapidement chez nous, nous y avons maintenant nos habitudes.»
 
Avec le nouvel album, Yelle aborde un virage dans la continuité. On retrouve encore l'aspect décalé, humoristique, voire déjanté, mais l'ensemble des 10 chansons porte une couleur plus introspective, moins provocante que dans leur premier opus, Parle à ma main, ou encore Complètement fou. Une évolution normale pour Yelle. «Je crois que j'ai moins besoin de me cacher, d'avoir le goût d'être plus moi-même et de ne plus avoir d'appréhension à m'ouvrir un peu plus sur scène». Le contexte social et politique joue aussi sur les créations du couple. «On vit aussi une époque étrange et l'on ne peut pas tout le temps être dans la légèreté, nous confie Julie Budet. Par exemple, dans Je t'aime encore, c'est une déclaration d'amour à la France mais en étant critique par ce qui nous choque.»
 
Mais le ton moqueur et railleur est encore là pour cibler sans méchanceté nos travers, s'emparer de nos petites phrases mille fois répétées jusqu'à perdre leur sens initial. Comme c'est le cas dans Karaté, ou le kimono n'est plus aujourd'hui qu'un pyjama. «Nous écrivons toujours ensemble; en fait, on écrit chacun de son côté et la musique est toujours présente, puis nous mettons en commun et nous faisons aussi appel à des collaborations et c'est toujours un plus, même simplement pour changer un mot.».
 
Confinement oblige, le groupe en profite pour penser à de nouvelles créations, en croisant les doigts pour que les tournées reprennent. Nous aussi, on se croise les doigts en attendant leur retour ici, prévu en janvier 2021 mais avec un gros point d'interrogation. Outre l'album L'ère du Verseau, que l'on peut se procurer, on peut aussi regardant leurs super vidéoclips, petits chefs d'œuvres d'art contemporain, qui donnent la pêche, le sourire pour une bonne partie de la journée. 
 
INFOS | Yelle, L'ère du Verseau. Disponible en version physique et digitale.