Pologne

Jaroslaw Kaczynski, le patron de la majorité ultra-conservatrice et homophobe, de retour au gouvernement

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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Jaroslaw Kaczynski, 71 ans, leader de facto de la Pologne depuis 2015, dont le retour au gouvernement a été annoncé mercredi, construit avec persévérance sa vision du pays qu'il veut catholique et conservateur, et aussi très marqué par la lutte contre les droits des personnes LGBT.

Resté jusqu'à présent simple député, tout en gardant le contrôle réel du pays en tant que président du parti Droit et Justice (PiS), cet homme de petite taille, rondouillard, est adulé par ses troupes qui voient en lui un leader hors pair, garant du pouvoir de la droite catholique et défenseur déclaré des intérêts et de l'identité nationale de la Pologne. Ses adversaires l'accusent de conduire le pays vers un régime autoritaire, de l'éloigner de l'Union européenne, et de concentrer tout le pouvoir entre ses mains.

Jusqu'à présent, Jaroslaw Kaczynski est resté généralement confiné au siège de son parti, rue Nowogrodzka à Varsovie - la vraie direction du pays, selon ses adversaires - n'apparaissant publiquement que lors des réunions parlementaires ou prononçant des discours - fermes pour ses amis, durs et menaçants pour l'opposition.

Juriste, il parraine d'autres réformes, dont celles de la justice, qu'il présente comme relevant de la lutte contre la corruption et les survivances du communisme dans l'appareil judiciaire. Mais ces réformes ont soulevé un tollé de l'opposition libérale, tandis que la Commission européenne, préoccupée par l'influence du pouvoir politique sur la justice, a lancé contre la Pologne des procédures inédites.

Comme l'ensemble du PiS et comme le président polonais Andrzej Duda, issu du même milieu politique, il fustige "l'idéologie LGBT" (lesbiennes, gays, bisexuels et trans-genre), une menace, à ses yeux, pour la famille traditionnelle, voire pour la nation polonaise.

Eurosceptique, Kaczynski se dit attaché à la place de la Pologne dans l'UE, mais se prononce pour une "Europe des nations" qui ne laisse pas trop de compétences à Bruxelles.

Sénateur, puis député, il travaille pour Lech Walesa, devenu président de la République en 1990. Mais ce dernier n'aime pas qu'on lui dicte ses décisions et se sépare de lui. C'est son frère Lech qui renverse la tendance en 2003 en se faisant élire maire de Varsovie, puis président de la République en octobre 2005. Jaroslaw est alors déjà Premier ministre, mais c'est grâce à une alliance inconfortable avec des populistes paysans et l'extrême droite. Gêné par ses alliés et des tensions avec l'UE, il cède le pouvoir aux libéraux de Donald Tusk en 2007.

Son retour au gouvernement - en tant que vice-Premier ministre qui doit superviser le ministère de l'Intérieur, de la Justice et de la Défense - marque la résistance que le pouvoir en place oppose à l'ensemble des critiques qui s'amplifient ces derniers temps à son encontre, notamment avec l'intervention des eurodéputés et de la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen en faveur du respect des droits des personnes LGBT en