Entre abstraction pure et érotisme brut

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Fugues
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Récompensé par le prix du jury des Teddy Awards au festival de Berlin, Days, le plus réçent film du taïwanais Tsai Ming-Liang est une ode à la lenteur mais surtout un catalyseur d’émotions. Pour Tsai Ming-liang, l’amour est un mélange de déterminisme et de précarité. Chaque rencontre, dès qu’elle a eu lieu, est éternelle, même si elle ne dure pas, confiait-il d’ailleurs en entrevue il a plusieurs années. Kang et Non sont peut-être des amoureux d’un soir, ils n’en garderont pas moins en mémoire ce moment intense dans une chambre d’hôtel. Days, ce sont d’abord des plans longs au cadre très construit, qui racontent d’une part le parcours de soins médicaux de Kang (interprété par le comédien fétiche du réalisateur Lee Kang-Sheng qui a inspiré le personnage). Kang vit dans une grande maison et fait face à la souffrance physique. Il parcourt les rues de Bangkok pour se soigner. D’autre part, on suit le quotidien de Non, qui lave et épluche des légumes dans son petit appartement pour préparer minutieusement des plats traditionnels qui le relient à ses racines villageoises. Si le sujet du film est bien la solitude de l’être humain dans les grandes villes, la force d’une rencontre, le contact des corps, d’une caresse, opère également une démonstration de la puissance du cinéma. Avec ce film, Tsai Ming-liang livre l’une des plus belles et intrigantes scènes d’amour du cinéma, entre abstraction pure et érotisme brut. La dernière scène, elle aussi simple et lente soit-elle est très belle et concentre toutes les émotions que le film distille et offre à Days son point culminant. Days est un chef d’œuvre qui se mérite. 

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