Hongrie

Viktor Orban veut que les gais «laissent les enfants tranquille»

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a fait preuve de compréhension envers les actions homophobes d'une parlementaire d'extrême droite qui s'en prenait à l'homosexualité, au cours d'une interview à la radio d'Etat.

"Les Hongrois sont patients avec ce phénomène (l'homosexualité)", a déclaré dimanche le responsable politique à la radio d'Etat. Mais il y a une "ligne rouge", a-t-il ajouté: "Laissez nos enfants tranquilles!".

"Essentiellement, je veux déclarer que la Hongrie a des lois qui régissent l'homosexualité. Ceci est basé sur une approche extrêmement tolérante et patiente." La Hongrie est "un pays tolérant et patient en matière d'homosexualité", a-t-il soutenu.

Le journaliste lui avait auparavant demandé son avis sur un livre pour enfants qui avait fait l'objet d'un débat public. Son éditeur est l'organisation lesbienne Labrisz. Le livre raconte des contes de fées où les héros appartiennent à une minorité. Il s'agit notamment des enfants vivant dans une pauvreté extrême, des enfants handicapés, des victimes de violence domestique, des homosexuels et des personnes trans. 

L'eurodéputée Dora Duro, également vice-présidente du parti d'extrême droite Mi Hazank (Notre maison), a arraché des pages d'un exemplaire du livre lors d'une conférence de presse à Budapest, il y a quelques jours. Le livre pour enfants est "de la propagande pour l'homosexualité", a-t-elle dit, et "ce qui n'est pas réel ne doit pas être présenté comme normal". 

Cette action a été critiquée sur les réseaux sociaux et a été comparée, entre autres, à l'autodafé de livres par les nazis.

Le premier ministre hongrois attaque systématiquement les droits des personnes LGBT depuis plusieurs années et particulièrement ces derniers mois.

En mai dernier, Viktor Orban a fait adopter par le parlement une loi qui restreint les droits et la dignité des personnes trans et inter-sexe, dans laquelle le registre de l'état civil ne contiendra que la mention "sexe à la naissance" qui ne peut pas être modifiée.

En 2012 et 2013, des amendements constitutionnels sont entrés en vigueur, selon lesquels les couples gays et lesbiens n'ont pas le droit de se marier et les familles arc-en-ciel ne sont pas reconnues comme des familles.

En 2017, Orban a personnellement ouvert le "Congrès mondial des familles", la réunion annuelle des militants anti-homosexuels et anti-transgenres du monde entier, à Budapest. En 2018, il a fait interdire par décret le sujet des "études de genre" afin de protéger la "famille chrétienne".

Dans une lettre ouverte à ses collègues du Parti populaire européen en février dernier, il s'est plaint qu'"un modèle familial basé sur le mariage d'une femme et d'un homme tombé dans les bras de l'idéologie du genre". Et en août, il a appelé les pays d'Europe centrale à les unir pour une Europe plus conservatrice.