Pologne

Un activiste polonais poursuivi pour avoir placé des panneaux «zones sans-LGBT» à l’entrée des villes

Sébastien Thibert
Commentaires

Des villes qui se sont pourtant officiellement déclarées «sans-LGBT» poursuivent l'activiste Bartosz Staszewski pour diffamation. Le militant a installé des panneaux annonçant aux visiteurs que la commune où ils s’apprètent à entrer a pris de telles résolutions.

Pour avoir placé ces panneaux, le militant est aujourd'hui poursuivi pour diffamation par deux villes et un collectif. Les zones «sans-LGBT» «n'existent pas», a assuré Maciej Swirski, président de la Ligue polonaise contre la diffamation. À l'entendre, les panneaux sont «faux et diffamatoires», font «peur aux touristes et aux investisseurs», conduisent à moins de chance d'obtenir des fonds européens et menacent la sécurité nationale polonaise, a-t-il déclaré auprès de la radio polonaise.

Dans le sud de la Pologne, le village de Zakrzówek qui poursuit Bartosz Staszewski, est l'une des quelque cent communes qui se sont déclarées «libérées de l'idéologie LGBT». D'autres communes ont adopté des «Chartes des droits de la Famille». Dans les faits, ces chartes ne mentionnent pas spécifiquement les personnes LGBT+ mais rejettent le mariage pour tous et disent vouloir «protéger les enfant de la corruption morale». Depuis le début de l'année, l'activiste et réalisateur de documentaires plante donc des panneaux à l'entrée des municipalités pour indiquer dans plusieurs langues ces les résolutions rétrogrades de ces villes. Ensuite, il poste sur internet des photos de personnes LGBT+ qui posent et livre leur témoignage.

La coalition au pouvoir clame que les autorités locales n'utilisent pas le terme «sans-LGBT», mais que les résolutions visent «l'idéologie LGBT». Le maire de Zakzówej, Józef Polocki, a déclaré que sa ville poursuit le militant dont les affirmations sont «des mensonges blessants et diffamatoires. Ils suggèrent qu'il y a de la discrimination ou de la ségrégation». Le maire dit dans la même phrase se battre contre «la propagande homosexuelle».

Le militant a répondu n'avoir rien à craindre et que «la vérité est de mon côté». Il remarque également que des tribunaux ont rejeté certaines résolutions anti-LGBT+, qui ont été déclaré anti-constitutionnelles. « Je suis juste un Polonais normal qui veut avoir une belle vie avec mon compagnon et pouvoir me marier avec lui un jour. Où est l'idéologie?», demande-t-il. «Le problème n'est pas les activistes. Mais les actes homophobes qui ont été sournoiseent mis en place par des gouvernement locaux».

Ces zones «sans-LGBT» sont reconnues et dénoncées par la communauté internationale.